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La fin de Lightroom en licence permanente

C’est maintenant officiel, Adobe a annoncé la fin de Lightroom en licence permanente !
Depuis quelques années, Adobe mettait uniquement en avant ses différentes formules d’abonnement Creative Cloud au détriment des versions en licence perpétuelle.

Côté photo, c’est d’abord Photoshop qui a fait les frais de cette nouvelle politique avec l’abandon de la licence permanente pour ne laisser que Photoshop CC… aujourd’hui, malgré les promesses d’il y a quelques années, il fallait s’y attendre, c’est au tour de Lightroom de subir le même sort. Alors que beaucoup espérait avoir encore le choix entre Lightroom en version abonnement et un Lightroom 7 en version permanente… la version en licence perpétuelle s’arrête finalement à la version 6. Il n’est même pas prévu de version 6 définitive qui inclurait les nouveautés qui avaient été implémentées au fur à mesure des versions mineures de Lightroom CC… le modèle de l’abonnement Creative Cloud a été imposé petit à petit et il règne maintenant en roi au dépend du système de la licence permanente qui aujourd’hui est bel et bien amené à disparaître…

Fin de Lightroom en licence permanente : l'abonnement au Creative Cloud incontournable avec Lightroom

Dans cet article, je vous invite à comprendre pourquoi l’abonnement s’est imposé, je vous présente les nouveaux Lightroom et les offres commerciales associées et enfin nous ferons le point sur la dernière version 6 de Lightroom en licence permanente pour savoir ce qu’elle a de moins que les nouvelles versions (si vous n’êtes pas encore passé à l’abonnement, cela pourra vous aider à déterminer si Lightroom 6 pourrait vous suffire à gérer vos photos).

Pourquoi la fin de Lightroom en licence permanente ?

Un petit retour en arrière avant de revenir à la situation actuelle…

Les promesses initiales

Pour l’anecdote, avant de répondre à la question posée dans le titre du chapitre, lorsqu’en mai 2013, les inquiétudes sur l’avenir de Lightroom en licence permanente commençaient à se faire sentir avec l’arrivé du système d’abonnement Creative Cloud, voici les propos de Tom Hogarty (à l’époque, directeur de produit Lightroom et actuellement directeur des produits photo d’Adobe) :

Question : Will Lightroom become a subscription only offering after Lightroom 5?
Traduction : Lightroom sera-t-il vendu uniquement sous forme d’abonnement après Lightroom 5 ?

Réponse : Future versions of Lightroom will be made available via traditional perpetual licenses indefinitely.
Traduction : Les futures versions de Lightroom seront toujours (« indéfiniment ») mises à disposition par le biais de licences perpétuelles traditionnelles.

A l’époque, il avait aussi affirmé qu’il n’y aurait pas de version différente destinée aux abonnés… ce qui dès 2015 avec la version 6 et l’apparition de lightroom CC fut contredit par les faits : la première version mineure 6.1 a apporté de nouvelles fonctionnalités non implémentées dans la version en licence permanente…

La raison « officielle » de l’abandon de Lightroom en licence permanente

Un peu d’humour ne fait jamais de mal 🙂 : je ne résiste pas… je vous mets la réponse officielle de Tom Hogarty à la question principale posée dans le titre de ce chapitre :

A la question : Why did you abandon the Lightroom standalone version?
Soit en français : Pourquoi avez-vous abandonné la version autonome (version en licence permanente) de Lightroom ?

Voici la réponse de Tom Hogarty :
Customers are overwhelmingly choosing the Creative Cloud Photography plan as the preferred way to get access to Lightroom. We’re aligning our investment with the direction our customers have signaled over the last several years.
Ce qui peut se traduire par : Les clients choisissent massivement le plan Creative Cloud pour la Photo comme moyen privilégié pour accéder à Lightroom. Nous alignons notre investissement sur la direction que nos clients ont montrée au cours des dernières années.

Hé, hé je vous avais dit que c’était drôle !

Ma vision de la situation

Pour ceux qui n’ont pas trop suivi l’évolution de la politique d’Adobe avec la commercialisation de Lightroom, voici pourquoi je trouve la réponse du directeur des produits photo d’Adobe plutôt amusante voire risible…

Un modèle stratégique imposé au client

« Les clients choisissent massivement le plan Creative Cloud pour la Photo » : Visiblement je ne dois pas lire les mêmes forums photo que Tom Hogarty 🙂
Personnellement, je pense plus que le forcing d’Adobe pour imposer son choix stratégique a fini par payer et non que les clients aient massivement plébiscité le système de l’abonnement comme sa réponse le laisse à penser…
Il est normal que les clients finissent par « choisir » l’abonnement à l’offre pour la photo lorsque :

  • Toute la puissance marketing d’Adobe a été mise exclusivement au service de Lightroom CC (site internet, force commerciale, système d’affiliation…),
  • Lightroom en licence permanente est devenu invisible : il faut fouiller les profondeurs du site d’Adobe pour avoir la chance, lorsque cela fonctionne, d’acheter une version sans abonnement : pour preuve les articles que j’ai pu écrire et réécrire (au fur et à mesure des changements imposés) pour aider les internautes à continuer à acheter Lightroom en licence permanente,
  • Les nouvelles améliorations et fonctionnalités sont intentionnellement exclues de la version sans abonnement,
  • Il existe un support à 2 vitesses : les abonnés ont le droit à un support téléphonique pour se faire aider mais pas ceux ayant achetés le produit en licence permanente…

Bref, les anciens clients qui appréciaient Lightroom avaient surtout le choix entre aller voir si l’herbe était plus verte ailleurs (avec un nouvel investissement en argent et surtout en temps de formation…) ou bien accepter les nouvelles conditions d’Adobe : donc, soit se résigner à être considéré comme un client de seconde zone et persister avec la licence permanente, soit entrer dans le moule de l’abonnement largement survendu par Adobe… et aujourd’hui, avec l’abandon de Lightroom en licence perpétuelle, la situation est encore plus claire qu’avant !

Quant aux nouveaux clients, et bien je pense que la plupart ne savent pas nécessairement qu’une licence permanente de Lightroom existe encore… et puis l’offre Creative Cloud pour la Photo (qui je le rappelle n’aurait certainement jamais vu le jour s’il n’y avait pas eu mécontentement général de la part des photographes au lancement des formules Creative Cloud) reste attractive pour un photographe qui a entendu parler de Lightroom et qui a été bercé pendant des années avec le mythe de Photoshop, le logiciel de retouche ultime ! Même s’il n’utilisera quasiment jamais Photoshop, il aura l’impression de faire une affaire : seulement 11,99 € par mois pour Lightroom et Photoshop (un logiciel pro qui était vendu plus de 1000 €), sans compter les innombrables applications mobiles… en fait, comme souvent en commerce, il s’agit de vendre bien plus que ce que l’on a besoin en réalité.

D’ailleurs, pourquoi Adobe s’obstine à ne pas proposer un simple abonnement à Lightroom seul pour seulement quelques euros par mois… ce serait toujours rentable pour Adobe (comme l’était Lightroom en licence permanente)… mais, selon moi (et certainement pour les stratèges d’Adobe), pas autant que les autres formules. D’autre part, cela risquerait en plus d’attirer les nombreux clients qui au fil du temps s’apercevront qu’ils n’utilisent qu’une toute petite partie de l’offre alors qu’ils payent pour bien plus…

Pour faire simple, je pense que si vous n’avez pas déjà Photoshop CS6 (la dernière version en licence permanente) et que vous avez vraiment l’utilité de Photoshop, alors oui, l’abonnement à la formule CC pour la photo est plutôt une bonne affaire (si on supporte le principe de l’abonnement)… Si par contre Photoshop ne vous est pas indispensable, alors l’abonnement reviendra plus cher que si vous vous étiez contenté de Lightroom en licence permanente…
Mais aujourd’hui, l’équation vient encore d’être simplifiée ; vous devrez répondre à cette simple question : pouvez-vous vous contenter de Lightroom 6 pour gérer et développer vos photos ? La dernière partie de cet article devrait vous aider à répondre à cette question.

De la licence permanente à l’abonnement

En un mot, Adobe l’a joué finement…
Pendant des années la société a consolidé sa place de numéro un en logiciels de développement et retouche photo (il suffit de voir la place que tient encore actuellement Lightroom et Photoshop dans les revues photo spécialisées). Les logiciels sont devenus des références quasi incontournables dans le domaine.
Que ce soit pour Photoshop ou Lightroom : il y a d’abord eu la phase de développement où l’on part d’une bonne base mais où il reste énormément d’améliorations à faire. Dans cette phase, il est facile de vendre un nouveau produit tous les 1 ou 2 ans (en moyenne 1 an et 7 mois pour Lightroom) car il y a suffisamment de nouveautés attractives pour que les clients aient envie de racheter la nouvelle versionmais lorsque le produit est plutôt complet et arrive à maturité, c’est une autre affaire… et c’est là qu’arrive à point nommé la solution idéale pour une entreprise : le système d’abonnement.

Le système d’abonnement

Rien de tel pour rendre heureux des dirigeants d’entreprise et des actionnaires quand il s’agit d’une multinationale comme Adobe. Pour une entreprise, cela fait des rentrées d’argent stables et récurrentes plutôt prévisibles. Que du bonheur !

L’inversion du rapport de force

Côté client, vous payez non plus ponctuellement pour des nouveautés que vous jugez incontournables dans votre pratique photo mais simplement pour avoir le droit d’utiliser un bon logicielsi vous arrêtez de payer, vous ne pouvez plus utiliser le logiciel (au moins la partie développement en ce qui concerne Lightroom). On est plus du tout dans la même logique… le rapport de force s’est inversé : la logique de l’abonnement crée un lien de dépendance beaucoup plus fort côté client (si j’arrête de payer, le service octroyé s’interrompt).

Abonnement et innovation

En parallèle, ce système d’abonnement ne pousse pas fortement l’entreprise à innover et à se mettre au service de l’abonné pour le convaincre de continuer car même si le produit ne propose pas de nouvelles fonctionnalités intéressantes, arrêter l’abonnement signifie arrêter d’utiliser le logiciel…
D’ailleurs même si l’effet de maturité joue dans l’apparition ou non de nouveautés, il faut avouer que depuis l’apparition de Lightroom CC, les améliorations et nouvelles fonctionnalités se sont faites assez rares (voir la partie Différences entre Lightroom 6 et l’ancien Lightroom CC). Sans compter qu’entre l’apparition de Lightroom 6 et le lancement actuel de la nouvelle version… il s’est passé environ 2 ans et 6 mois alors qu’avant entre 2 versions majeures de Lightroom il s’écoulait en moyenne 1 an et 7 mois (cette version sans grande évolution s’est faite attendre presqu’un an de plus que les autres versions majeures).

L’accent a été essentiellement mis sur le développement des applications mobiles… mais est-ce vraiment ce que demande les utilisateurs historiques de Lightroom… je ne le pense pas. En tout cas, personnellement je me vois mal développer mes photos sur le petit écran non calibré d’une tablette…

Fin de Lightroom sans abonnement : le nouveau Lightroom CC (cloud, partage et mobilité avant tout)

C’est certainement une tendance qui a un très fort potentiel de développement commercial notamment avec l’arrivée en force de la photo sur smartphone mais là, on est clairement plus sur la même cible de clients que la cible historique des utilisateurs de Lightroom

Les mises à jour pour correction des bugs et améliorations

D’autre part, un argument largement mis en avant par Adobe au lancement du Creative Cloud, me laisse un peu perplexe : avec ce système d’abonnement vous n’avez pas à attendre les nouveautés et les corrections de bugs… oui sans doute mais :

  • d’une part, même avec la version en licence permanente il était possible d’avoir les corrections de bugs et quelques nouvelles fonctionnalités lors des mises à jour mineures (seul une version majeure nécessitait une mise à jour de la licence),
  • et d’autre part, en pratique, il s’est avéré que la correction des bugs n’était pas plus rapidement réglée avec ce nouveau système et les nouveautés plutôt rares…

Pire, il est même arrivé qu’une mise à jour se révèle un vrai retour en arrière avec perte de fonctionnalités et instabilité du programme (je pense à Lightroom 6.2 avec la refonte du module d’import pour laquelle Adobe a dû faire ses excuses et faire marche arrière quelques jours après la mise à jour)… ce type de mésaventures n’arrivait pas avant car, en plus des tests en interne, il existait une phase de validation « publique » avec mise à disposition d’une version béta avant le lancement de la version définitive ; de nombreux béta testeurs de la communauté Lightroom récupéraient alors la version en avant-première et faisaient leurs retours en cas de problèmes… à ma connaissance, avec ce système d’abonnement, cette validation à deux niveaux n’existe plus, tout au moins à grande échelle comme c’était le cas avant.

Mise à jour Lightroom CC 2015.2 / 6.2 - Refonte du module d’import (perte de fonctionnalités et instabilité du programme) : excuses et retour en arrière d'Adobe

Les tarifs d’abonnement

Autre point noir des abonnements… du jour au lendemain (le mois suivant pour un plan mensuel et au renouvellement de contrat pour un plan annuel), Adobe peut décider d’augmenter le tarif de ses abonnements sans que le client n’ait rien à dire, sauf à partir et donc ne plus pouvoir utiliser le logiciel… les prix ont déjà fluctués (à la hausse uniquement) en Australie, Nouvelle-Zélande, Inde, Norvège, Turquie et Brésil en 2016, au Royaume-Uni et en Suède en mars 2017.
Une augmentation vient également d’être annoncée pour l’Amérique du Nord au 1er mars 2018 : si l’abonnement au Creatice Cloud pour la photo n’est pas touché, en revanche les abonnements individuels pour une seule application ou celui pour toutes les applications augmentent de 6% (l’abonnement complet passera de 49,99 $/mois à 52,99 $/mois). La hausse est de 14% pour les entreprises (abonnement équipe).

Pour conclure cette partie, je pense que ce système d’abonnement est particulièrement bénéfique pour les finances d’Adobe mais ne profite aucunement aux utilisateurs (en tout cas aux clients historiques). Dommage car Lightroom reste et restera sans doute pendant longtemps un des tous meilleurs logiciels de catalogage et développement de fichiers RAW sur le marché.

Voyons maintenant concrètement ce qu’Adobe nous propose aujourd’hui.

Nouveaux Lightroom Classic CC et Lightroom CC

Même si Lightroom en licence permanente est encore vendu, le support pour cette version sera assuré seulement jusqu’à la fin de cette année 2017 (nous en sommes actuellement à la version 6.13 mais il devrait selon Adobe y avoir une toute dernière version vers la fin de l’année).

Dorénavant, l’avenir de Lightroom est assuré par deux produits distincts qui sont disponibles uniquement par abonnement :

Lightroom Classic CC

Il correspond à l’ancien Lightroom CC (et donc d’une certaine manière à l’ancien Lightroom en licence permanente qui lui disparaît). C’est le Lightroom historique que les anciens utilisateurs ont toujours connu. Il s’installe sur votre ordinateur et permet de gérer votre photothèque en local chez vous (même s’il existe des ponts avec le nouveau Lightroom CC pour envoyer des photos sur le cloud).

Fin de Lightroom sans abonnement : le nouveau Lightroom Classic CC

Lightroom CC

Oui, le nom a été repris mais cela n’a plus rien à voir avec le produit d’avant… il regroupe maintenant Lightroom CC iOS et Android (anciennement appelé Lightroom mobile) et Lightroom CC Web (nouveau produit qui fonctionne en ligne sur internet). Avec ce Lightroom, la gestion de votre photothèque passe obligatoirement par le cloud (stockage à distance de vos photos sur des serveurs d’Adobe). C’est ce qu’Adobe appelle le « service photo en mode cloud pour les amateurs de photographie ». Attention, pour l’instant, il ne regroupe pas toutes les fonctionnalités qui existent dans Lightroom Classic CC. Même s’il est amené à se développer, il faudra certainement quelques mois ou années pour rattraper plus ou moins le Lightroom historique (je ne le conseille donc pas à ceux qui ont déjà l’habitude de travailler avec Lightroom sur ordinateur).

Fin de Lightroom sans abonnement : le nouveau Lightroom CC

Les nouvelles offres commerciales avec Lightroom

Voici les nouvelles formules d’abonnement disponibles à la vente sur le site d’Adobe :

  • Formule Creative Cloud pour la Photo (11,99 € TTC par mois) : Lightroom Classic CC, Photoshop CC et 20 Go d’espace de stockage dans le cloud
  • Formule Creative Cloud pour la Photo avec 1 To d’espace de stockage dans le cloud (23,99 € TTC par mois) : Lightroom Classic CC, Photoshop CC, nouvelle version de Lightroom CC et 1 To d’espace de stockage dans le cloud
  • Abonnement à Lightroom CC (11,99 € TTC par mois) : nouvelle version de Lightroom CC et 1 To d’espace de stockage dans le cloud.

et pour ceux qui trouvent plus explicite la présentation sous forme de tableau :

ContenuFormule Creative Cloud
pour la Photo
Formule Creative Cloud
pour la Photo avec
1 To d’espace de stockage
Abonnement à Lightroom CC
(nouvelle version)
Lightroom Classic CCXXX
Photoshop CCXX
Lightroom CC (nouvelle version)X
Espace de stockage dans le cloud20 Go1 To1 To
Prix abonnement (en € TTC / mois)11,9923,9911,99

Fin de Lightroom en licence permanente : nouvelles formules d'abonnement Creative Cloud (Lightroom Classic CC et Lightroom CC)

A noter aussi qu’il devrait y avoir la possibilité d’étendre l’espace de stockage dans le cloud à raison de $9.99 par To et par mois avec pour le moment des plans à 1 To, 2 To, 5 To et 10 To (information trouvée sur le site américain d’Adobe ; je n’ai pas encore connaissance des prix en euros pour la France).

Point sur la dernière version de Lightroom 6 en licence permanente

Pour ceux qui restent réticents au système d’abonnement, voici un point sur les différences entre la dernière version de Lightroom en licence permanente et les versions Lightroom avec abonnement (l’ancienne et la toute nouvelle). Ces informations devraient vous aider à savoir si vous pouvez vous contenter de la dernière version Lightroom 6 ou non (notamment en termes de fonctionnalités et d’appareil photo supportés)…

Différences entre Lightroom 6 et l’ancien Lightroom CC

Voici la liste des principales améliorations qui ont été implémentées dans Lightroom CC mais exclues de Lightroom 6 :

  • Lightroom CC 2015.1 (Lightroom 6.1) – 16/06/2015 : curseur de correction du voile atmosphérique (Dehaze) et curseurs de retouche locale Blancs et Noirs.
  • Lightroom CC 2015.2 (Lightroom 6.2) – 05/10/2015 : curseur de retouche locale de correction du voile (Dehaze).
  • Lightroom CC 2015.4 (Lightroom 6.4) – 27/01/2016 : Nouveau curseur déformation de contour (ou des bords) dans l’aperçu de la fusion en panorama (permet la déformation des bords de l’image afin de remplir le fond perdu provoqué par l’assemblage du panorama et évite ainsi de réduire la taille de l’image).
  • Lightroom CC 2015.6 (Lightroom 6.6) – 08/06/2016 : amélioration de l’outil de redressement de la perspective avec la possibilité de tracer 4 lignes (2 horizontales et 2 verticales) pour guider le travail de redressement.
  • Lightroom CC 2015.8 (Lightroom 6.8) – 08/12/2016 : possibilité d’afficher une photo de référence en parallèle d’une autre photo dans le module Développement.
A noter que concernant la correction du voile atmosphérique et curseurs de retouche locale Blancs et Noirs (les nouveautés des 2 premières versions), vous pouvez trouver sur internet des paramètres prédéfinis (presets) qui permettent de reproduire dans Lightroom 6 les effets des nouveaux curseurs réservés à Lightroom CC. Cette astuce des presets prouve que ces nouvelles fonctionnalités existent bien dans le moteur de Lightroom (6.2 et suivants) mais ont été sciemment cachées par Adobe pour inciter les utilisateurs à passer à l’abonnement Lightroom.

D’ailleurs, pour les résistants qui ne sont pas encore passés à l’abonnement, je vous propose sur ce blog des kits de presets utilisables sur la version Lightroom 6 en licence permanente :

Différences entre Lightroom 6 et le nouveau Lightroom Classic CC

Dans la mesure où Lightroom 6 n’évolue plus, en plus des améliorations citées dans la partie ci-dessus, les autres différences sont constituées par toutes nouveautés apportées par le nouveau Lightroom Classic CC. Il a fallu attendre pratiquement 2 ans et demi pour voir sortir une nouvelle version majeure après Lightroom 6 (qui était sorti en avril 2015). Alors qu’apporte donc cette nouvelle version de Lightroom ?

Différences entre Lightroom 6 et le nouveau Lightroom Classic CC

Des performances revues à la hausse

Adobe ne donne aucun chiffre sur les gains obtenus (ce qui laisse supposer qu’ils ne sont peut-être pas très spectaculaires) mais communique sur les points qui ont été améliorés, notamment : démarrage de Lightroom, création des aperçus (avec lancement en parallèle de la copie des fichiers), passage plus rapide entre 2 images du module développement, meilleure fluidité de la retouche locale (utilise la 2eme génération de l’accélération GPU et suppose une carte graphique avec au moins 1 Go de VRAM)…

A mes yeux un peu critiques, rien de bien révolutionnaire… et côté nouvelles fonctionnalités ?

Importation avec aperçus JPEG incorporés

A l’import, cette option permet d’utiliser les aperçus créés par l’appareil photo et intégrés au fichier Raw : cela accélère grandement l’import en évitant la génération des aperçus par Lightroom mais n’a d’intérêt que pour un travail dans le module bibliothèque (tri, première sélection, mots clés…) : dès que l’on passera au module développement, les aperçus Lightroom devront être générés pour voir le résultat réel du travail de développement (et non l’aperçu créé lors de la prise de vue).

Le masque de gamme de luminance et de couleur

Soyons franc, c’est selon moi, la seule véritable nouveauté un peu digne d’intérêt : c’est un nouveau moyen de faire une sélection rapide et complexe dans un outil de retouche local (notamment pinceau et filtre gradué).

  • Le masque de gamme de luminance vous permet de sélectionner facilement toute une plage tonale (un curseur pour sélectionner la plage et un autre pour ajuster les contours).
  • Le masque de gamme de couleur vous facilite la sélection d’une couleur avec ses variantes plus ou moins proches (une pipette pour sélection la couleur et un curseur pour étendre ou non la sélection aux couleurs proches). Avec cet outil, vous pourrez, par exemple, sélectionner rapidement le ciel bleu d’une photo en évitant de prendre les nuages.

Et voilà, c’est tout ! Il y a bien d’autres petites améliorations mais je vous ai parlé de celles qui me semblaient relativement importantes…

Autres limites de Lightroom 6

Nous l’avons dit, la dernière version de Lightroom en licence permanente est actuellement la version 6.13 (mais il devrait y en avoir une autre vers la fin de l’année) et le support de Lightroom 6 s’arrête fin 2017. En 2018, il n’y aura plus d’autres mises à jour, notamment en termes de nouveaux appareils photo ou objectifs

Voici les derniers boîtiers supportés par la version 6.13 actuelle :

  • Canon EOS M100
  • Casio EX-ZR4100 et EX-ZR5100
  • Fujifilm X-E3
  • Nikon D850
  • Olympus OM-D EM-10 Mark III
  • Sony RX0 (DSC-RX0)
  • Sony RX10 IV (DSC-RX10M4)

et aussi les smartphones :

  • Samsung Galaxy S8 et S8+

Donc, si dans un avenir proche vous achetez un boîtier tout neuf, plus récents que ceux de la liste ci-dessous, les fichiers RAW de cet appareil photo ne seront pas reconnu nativement par Lightroom 6. Si vous voulez continuer à développer vos fichiers RAW en utilisant Lightroom, vous aurez alors le choix entre 2 solutions :

  • Abandonner Lightroom 6 et passer à une des formules d’abonnement Lightroom (les mises à jour régulières vous assureront que votre nouvel appareil sera reconnu).
  • Convertir vos fichiers RAW en fichier DNG avec l’utilitaire gratuit Adobe DNG converter avant d’importer vos photos dans Lightroom. Cela doublera vos fichiers RAW (les RAW d’origine + les RAW au format DNG) et cela nécessitera une étape supplémentaire dans votre flux de travail mais dans ce cas de figure, ce sera le seul moyen pour pouvoir continuer à travailler avec Lightroom 6 (les fichiers DNG seront reconnus par Lightroom 6 contrairement aux RAW d’origine).

Fin de Lightroom en licence permanente : utilitaire DNG Converter pour les fichiers RAW non reconnus par Lightroom 6

Et si vous n’êtes pas trop attaché à Lightroom, cela pourrait être l’occasion de voir ce que propose la concurrence…

Enfin, dans un avenir a priori un peu plus lointain, il existe un autre risque : en cas de mise à jour de votre système d’exploitation (par exemple lors d’un changement d’ordinateur), Lightroom 6 risque de ne plus fonctionner correctement et Adobe ne sera plus là pour vous dépanner et assurer la compatibilité de son logiciel. Dans la mesure où cette version n’est plus maintenue, si vous contactez le support d’Adobe à ce sujet, votre interlocuteur se fera un plaisir de vous parler des nombreux avantages de l’abonnement…

Pour ma part, j’ai actuellement Photoshop CS6 et Lightroom 6 et n’ai, dans le futur proche, pas en vue d’acheter un nouvel appareil photo… donc, dans mon cas j’estime qu’il est urgent d’attendre… wait and see ! J’attends notamment de voir comment va réagir la concurrence face à la confirmation de la stratégie d’Adobe de miser uniquement sur l’abonnement.

Et vous ?Que pensez-vous de cette décision d’Adobe d’abandonner Lightroom en licence permanente ? Est-ce que cela change ou changera quelque chose pour vous ? Que comptez-vous faire dans l’immédiat ? à terme ?

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À propos de : Hervé (LuzPhotos)

Hervé Drouet, photographe professionnel au pays basque, spécialiste formation photo et rédacteur du blog LuzPhotos.

17 commentaires

  1. Bravo, le tour de la question est bien fait. Perso je reste sur mon ancienne version de lightroom et ne bouge pas mais je regarde quand même du côté de darktable qui va faire son apparition sous windows (une version est déjà téléchargeable) et Luminar qui a l’air de proposer des nouveautés pour un prix abordable et sans abonnement. A voir mais il faudra bien envisager des changements lorsque le changement de boitier de fera sentir par besoin ou par envie (on a encore le droit de se faire plaisir!!!).

  2. Adobe a décidé d’abandonner les photographes amateurs pour qui 12 €/mois n’est pas forcément justifié. Encore, si le prix était entre 5 et 7 € on pourrait y réfléchir, mais 12 € c’est pas mal surtout que pour ma part je n’utilise pas Photoshop c’est un logiciel complexe, je n’ai pas de temps à y consacrer, bien que pour les portraits ça me serait utile de temps en temps, mais pas indispensable.

    Je reste également sur ma version LR6, mais je surveille la concurrence. Outre le fait que les nouveaux boîtiers ne seront pas pris en compte, il y a aussi un risque que les mises à jour de windows rendent le fonctionnement de LR compliqué voire inutilisable un jour, non ?
    DxO a fait fort avec sa version PhotoLab et l’intégration de retouche locale avec les U-Point, j’adore. J’ai déjà installé la version gratuite Essential 11 pour me faire la main.

    • Pour les mises à jour de Windows qui rendraient inutilisable Lightroom 6 en licence permanente, oui c’est possible, mais globalement je pense que le risque n’est pas trop élevé par rapport à un changement de système d’exploitation…

      En effet, si l’on regarde pour Adobe Photoshop CS6 (la dernière version en licence permanente pour ce logiciel), globalement ça se passe plutôt bien : par exemple; de mon côté je fais encore tourner sans problème Photoshop CS6 sur Windows 10 (alors que la compatibilité est censé s’arrêter à Windows 8)…
      Il y a donc quand même pas mal d’espoir pour que la compatibilité, en tout cas sous Windows, soit encore assurée quelques années…

  3. Bonjour

    Une réponse et un encouragement à NORA pour DXO 11, comme toi j’ai commencé avec une version gratuite le 9 aujourd’hui je travaille avec la 11 ELITE et j’en suis très satisfait. pour la correction locale aujourd’hui j’utilise si besoin et c’est peut souvent mon ancienne version LR5. je vais essayer la version 30 jours de DXO LAB après on verra si on investi ou pas

    Bonne journée et bonnes photos

    Jean Paul

    • Bonjour à tous
      Merci pour tes encouragements, s’habituer à, et comprendre un autre logiciel demande de la pratique et beaucoup de temps. Pas toujours évident et c’est pour cela par exemple que je ne pratique pas encore Photoshop (sans compter qu’on ne le trouve plus en licence perpétuelle). J’aime beaucoup l’ergonomie et les possibilités qu’offre LR, je serais quand même bien peinée de devoir m’en séparer un jour. DxO a une ergonomie assez proche de LR et en cela ça me plaît bien je pense qu’un jour il intégrera le catalogage. Hihi !

  4. Bonjour Hervé,
    Pour moi, belle erreur sur ce coup-là…
    Car au vu du nombre de communications que font pour l’instant les concurrents,il y a fort à parier qu’ils vont perdre une bonne partie de leurs clients.

    … dont moi d’ailleurs..
    Pour l’instant ma version à jour de LR6 me convient, tant que je ne changerai pas de boîtier pour quelque chose de neuf dont les RAW ne seraient pas pris en compte.
    Mais pendant cette période là,je vais laisser aux concurrents le temps de faire leurs erreurs de jeunesse, et pour encourager l’honnêteté avec les consommateurs, j’ai déjà précommandé une version de Skylum, dont je trouve le design vraiment attrayant.

    Téléchargement prévu à mon retour du Salon (puisqu’ils sera dispo à ce moment).. je vais le prendre en mains tranquillement pendant quelques mois, le temps qu’ils affinent leurs fonctionnalité de récupération du catalogue LR et des presets… et il se peut que je m’aperçoive qu’un logiciel n’est, au final, pas irremplaçable…

    … et surtout, que je ne sois pas la seule à faire cette démarche.

    Car si je comprends qu’ils tentent de pousser en avant leurs abonnement (bah oui, c’est tellement plus rentable), je comprends moins qu’ils retournent leur veste par rapport à leurs engagements…

    Affaire à suivre…

    • Bonjour Joëlle, oui je pense en effet que la majorité de ceux qui avaient choisi de rester avec Lightroom en licence permanente (et qui avaient donc déjà fait un acte de résistance face à l’abonnement largement mis en avant) iront certainement voir la concurrence à terme… comme tu dis, affaire à suivre…

      Je te souhaite un bon Salon de la Photo (perso, je n’irai pas cette année) !

  5. J’utilise Lightroom 6 en licence perpétuel et c’est pas demain que je vais changer !

    Je pense que Adobe se tire une belle balle dans le pied.
    – 12€/mois (soit presque 150€/an), hormis quelques photographes pros et amateurs, qui est prêt à mettre une telle somme dans un abonnement alors qu’il existe des solutions moins onéreuse voire gratuite ?
    – tout miser sur le cloud, quand on voit à quoi ressemble la moyenne des connexions haut débit en Europe ou en Amérique du Nord, c’est à mon avis complètement idiot. Uploader des centaines de fichiers RAW pesant des dizaines de mo sans la fibre, il va falloir être patient !
    Par ailleurs le cloud n’étant pas imperméable, il n’est pas assuré que certaines photos ne se retrouvent pas sur le net…
    – même chose concernant les appareils mobiles. Si ça peut être utile sur le terrain, une tablette ou un smartphone ne vaudront jamais un PC aussi bien en terme d’ergonomie que de puissance de calcul. D’autant que le marché des tablettes est en chute libre…

    C’est presque à souhaiter que ce modèle économique de l’abonnement se casse la figure pour que Adobe se décide à faire machine arrière.

    • ….bien d’accord… et d’autant moins « perméable » que pour rappel, c’est Adobe qui a racheté Fotolia si je ne me trompe… Cela fait partie des raisons pour lesquelles, outre le refus de l’abonnement, je remplacerai à terme LR par autre chose…
      Affaire à suivre sur mon blog, je vais commencer, fin novembre, à partager mon expérience de prise en main d’un autre logiciel.

    • Malheureusement, pour ce qui est du premier point, il semble bien que les finances d’Adobe donnent raison à cette stratégie du tout abonnement… déjà fin 2015, les résultats étaient très encourageant pour la société (voir mon article Adobe et le Creative Cloud : un pari économique réussi…).

      Aujourd’hui encore cela semble se confirmer comme le décrit cet article plus récent (juin 2017) : Adobe, un loueur de logiciels heureux.

      Je pense que beaucoup d’anciens utilisateurs de Lightroom y sont venus à contrecœur, pas vraiment convaincus mais sans l’envie suffisante d’aller voir ailleurs (sans compter que l’on peut aussi se demander si la concurrence était ou est à la hauteur)…
      Ensuite, il y a aussi certainement pas mal de nouveaux clients. D’ailleurs, dans l’article en lien ci-dessus, on peut lire : « plus du tiers des abonnés sont des nouveaux venus, qui n’ont pas connu les années Creative Suite »… sans doute l’aura des produits Adobe, dont Photoshop pour nous les photographes, et aussi la force du marketing d’Adobe 🙂

      Sinon, entièrement d’accord avec vos 2 autres remarques !

      • Tout à fait, mais on était pas encore dans l’air du tout Adobe Cloud. Il suffirait d’une ou 2 affaires pour vite entacher la réputation du truc (comme un petit malin qui piraterait le cloud et rendrait des milliers de photos accessibles, sans parler des éventuels ransomwares pour récupérer ces précieux fichiers vu que c’est à la mode en ce moment…).
        Par ailleurs, il y a pas mal de logiciels concurrents qui montent : Skylum, DxO, Darktable, Affinity.
        En se basant sur ces 2 points plus ceux déjà évoqués précédemment, sur le long terme, je doute quand même de la viabilité du modèle. M’enfin, wait & see…

  6. Merci Hervé pour cette analyse fort complète, pour ma part je crois qu’il est urgent d’attendre !
    Je pense, en effet, comme le dit Joëlle, que compte tenu des réactions d’utilisateurs des licences permanentes, il y aura d’autres alternatives avec Skylum ou Affinity et pour les reconnaissance des nouveaux boitiers, il y a toujours DXO.
    Donc : affaire à suivre…

  7. Moi aussi ,j’ai eu envie de tenter l’expérience Luminar 2018, d’autant qu’ils annoncent des mises à jour régulières et il y a déjà des choses intéressantes. Un bémol tout de même la version windows est en anglais, même si on s’y fait assez vite ce serait bien qu’ils y pensent pour l’avenir.

  8. JEAN-MARC BORDENAVE

    Merci Hervé. L’article est très intéressant et….. instructif…! J’ai connu ton blog via ta page FB et pris contact avec toi il y a au moins 1 an (déjà!!) car je ne savais pas où acheter LR en licence permanente, sous forme de cd. Tu m’a répondu dans les heures qui suivent et parfaitement renseigné.. Merci encore..! Je suis et resterai très certainement un vieux dinosaure, car je suis « vent debout » contre Adobe et le système d’abonnement… Ce n’est rien d’autre qu’une pompe à fric..! Alors, je resterai sur mon « bon vieux LR 6 ». Et comme tu l’a écrit: wait and see……………… La concurrence va se réveiller.. Et j’ai du temps puisque je me suis acheté un Nikon D500 il y a quelques mois……. Encore merci et Bravo pour tous ces renseignements, ces articles et ton professionnalisme…….

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