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Le dock USB Sigma pour régler les objectifs

Dock USB SigmaLe dock USB Sigma est une station d’accueil qui permet, en connectant un objectif Sigma à son ordinateur, d’effectuer des mises à jour du micrologiciel de l’objectif (firmware) mais aussi d’appliquer différents réglages plus ou moins poussés. En particulier, l’ajustement de la précision de l’autofocus pourra être réalisé de manière très subtile, en tenant  compte de différentes longueurs focales pour un zoom et également de différentes distances de mises au point. Sur certains objectifs, il sera même possible d’utiliser des modes personnalisés et d’agir sur la vitesse de l’autofocus, le système de stabilisation (OS) ou encore la plage de distance de mise au point…

Actuellement je n’ai pas d’objectifs Sigma compatibles avec ce dock USB et je n’ai l’ai donc pas acheté et testé. Cet article n’est donc pas un retour d’expérience mais une synthèse de mes recherches sur le sujet. Très intéressé par le concept depuis sa sortie, j’en connaissais le principe uniquement dans les grandes lignes. Une question posée sur le blog (merci Henri) m’a donné envie d’approfondir le sujet pour mieux comprendre le fonctionnement, les possibilités et les limites de ce matériel innovant.

Compatibilités des objectifs avec le dock USB Sigma

Lancé en 2013, le dock USB est compatible uniquement avec les nouvelles gammes d’objectifs Sigma pour reflex (classification lancée fin 2012). A savoir les 3 gammes suivantes :

  • Contemporary (C)
  • Art (A)
  • Sports (S)

Les objectifs plus anciens n’appartenant pas à l’une de ces 3 lignes de produits ne pourront pas être réglés par le biais de ce dock. D’autre part, seuls les objectifs de monture DG (capteur plein format ou APS-C) ou DC (uniquement capteur APS-C) sont concernés. Les objectifs DN pour boîtiers hybrides ne sont pas compatibles.

Objectifs compatibles avec l’USB Dock Sigma (octobre 2014)
MontureObjectif
DG35mm F1.4 DG HSM – Art
50mm F1.4 DG HSM – Art
24-105mm F4 DG OS HSM – Art
120-300mm F2.8 DG OS HSM – Sports
150-600 mm F/5-6.3 DG OS HSM – Sports
150-600 mm F/5-6.3 DG OS HSM – Contemporary
DC (format APS-C)17-70mm F2.8-4 DC MACRO OS HSM – Contemporary
17-70mm F2.8-4 DC MARO HSM – Contemporary
30mm F1.4 DC HSM – Art
18-35mm F1.8 DC HSM – Art
18-200mm F3.5-6.3 DC MACRO OS HSM – Contemporary

Vendu aux alentours de 50 €, le dock USB Sigma se décline en autant de modèles que de marques de boîtiers (chaque marque ayant sa propre monture, comme pour les objectifs, il faudra acheter le dock compatible avec votre boîtier). Le dock est disponible en monture Canon, Nikon, Pentax, Sigma et Sony. Vous pouvez notamment trouver ces docks USB (parfois aussi appelé station d’accueil USB pour objectif) chez Amazon ou chez MissNumerique.

Les liens présentés ci-dessus sont des liens affiliés. J’ai choisi de vous mettre directement ce type de liens pour 2 raisons :

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Principe d’utilisation du dock USB Sigma

Après avoir acheté le dock USB Sigma adapté à votre marque d’appareil, vous devez télécharger et installer le logiciel « Sigma Optimization Pro » dédié. La dernière version Windows ou Macintosh est disponible à l’adresse suivante : http://www.sigma-global.com/download/fr/index.html. Ayant constaté récemment un problème sur le lien précédent (lien pourtant toujours référencé sur Google), je vous rajoute au cas où le lien de téléchargement de la page en anglais : Download – Lenses – SIGMA Optimization Pro.

Pour régler votre objectif compatible, vous devez fixer le dock USB sur la baïonnette de votre objectif comme vous le feriez avec votre appareil photo. Ensuite, branchez le câble USB sur le dock, puis sur votre ordinateur où vous avez préalablement installé le logiciel « Sigma Optimization Pro ».
Lancez le logiciel pour procéder aux différents réglages.

Interface du logiciel Sigma Optimization Pro

Les réglages possibles

L’association du dock USB et du logiciel dédié Sigma permet un grand nombre de réglages. Certains concernent tous les objectifs de la nouvelle génération, d’autres seront disponibles uniquement pour les objectifs équipés d’un commutateur de modes personnalisés (gamme « Sports »). Si, pour un objectif donné, un réglage n’est pas disponible, il apparaîtra en grisé et sera inaccessible.

Réglages pour tous les objectifs compatibles (Contemporary, Art et Sports)

Mise à jour du Firmware

La mise à jour nécessite une connexion internet. Au démarrage, le logiciel va rechercher s’il existe une version plus récente du micrologiciel (firmware) pour l’objectif connecté. Si c’est le cas, le message « Nouveau firmware disponible… » apparaîtra et vous pourrez lancer la mise à jour. Une vérification manuelle de la disponibilité d’un nouveau Firmware est également possible en cliquant sur le bouton « Mise à jour Firmware » de la fenêtre d’accueil.

Réglage autofocus

Le logiciel permet de corriger très finement les éventuels décalages de mise au point (on parle souvent  de « front » et « back focus », termes anglais qui désignent une mise au point trop en avant ou en arrière par rapport au sujet ciblé). La mise au point pourra être réglée sur différentes distances pour une focale fixe et sur des combinaisons de distances et focales pour les zooms :

  • 4 distances de mise au point différentes pour les focales fixes
  • 4 distances de mise au point pour 4 longueurs focales différentes, soit 16 réglages de mise au point au total, pour les zooms
A noter qu’un objectif (parmi ceux compatibles) avec un téléconvertisseur Sigma (multiplicateur de focale 1,4x ou 2x) sera considéré comme un objectif à part avec ses propres réglages d’autofocus (le multiplicateur sera fixé sur l’objectif et le dock sur la baïonnette du multiplicateur). Par contre, la combinaison objectif et téléconvertisseur, partagera les mêmes réglages que ceux de l’objectif seul pour les autres personnalisations (vitesse autofocus, plage de distance, réglage OS).

En comparaison, tous les appareils photo n’offrent pas la possibilité d’effectuer des microréglages d’autofocus par objectif… et lorsqu’ils le permettent, c’est généralement une seule correction ou, au mieux, pour les zooms, deux corrections (une pour chaque focale extrême).

Réglage de la retouche manuelle de la mise au point

Vous pouvez régler la précision de fonctionnement de la retouche manuelle (MF) c’est-à-dire, augmenter ou diminuer l’effet de démultiplication de la rotation de la bague de mise au point (une même amplitude de rotation de la bague aura un impact plus ou moins grand sur le déplacement de la distance de mise au point).

Réglages pour les objectifs équipés d’un commutateur de modes personnalisés

Pour les objectifs avec un commutateur « Custom » de modes personnalisés (tous les objectifs de la ligne « Sports » sont concernés), avec le dock et le logiciel, vous pouvez personnaliser le comportement de votre objectif pour tenir compte de vos préférences et habitudes photographiques. Deux modes de personnalisation (C1 et C2) peuvent être paramétrés. Une fois sur le terrain, vous pourrez choisir de garder les réglages par défaut (commutateur « Custom » sur OFF) ou, en un instant, basculer sur un des deux modes personnalisés (position C1 ou C2).

Les réglages suivants sont concernés:

Vitesse de l’autofocus (AF)

La vitesse de l’AF peut être sélectionnée parmi 3 modes :

  • Priorité à la rapidité : c’est la vitesse d’acquisition du point qui est prioritaire. La mise au point initiale est donc très rapide.
  • Priorité à la précision : la précision de mise au point est privilégiée par rapport à la rapidité de mise au point. La mise au point sera plus précise mais un peu moins rapide.
  • Mode Standard (réglage par défaut) : compromis entre vitesse d’acquisition et précision de la mise au point.

Plage de distance de mise au point

La plage de recherche autofocus peut être personnalisée pour s’adapter aux conditions de prise de vue du photographe : 2 curseurs permettent de définir la distance minimale et maximale de la zone de recherche pour l’autofocus (par exemple, pour le mode personnalisé C1 vous pourriez définir une plage allant de 4m à 10m et pour le mode C2 une plage de 20m à l’infini…).

Stabilisation OS

Vous pouvez choisir entre 3 modes de stabilisation OS (Optical Stabilizer).

  • Mode OS dynamique : les actions du stabilisateur sont visibles instantanément dans le viseur (l’image dans le viseur peut légèrement « sauter » lorsque le stabilisateur agit).
  • Mode OS progressif : les actions du stabilisateur sont visibles plus progressivement (moins d’à-coups dans le viseur qu’avec le premier mode)
  • Mode OS Standard (réglage par défaut) : compromis entre les deux modes précédents, entre rapidité et progressivité.
Avec le logiciel SIGMA Optimization Pro et le dock USB, il est toujours possible de revenir aux réglages par défaut d’un objectif. Sachez que, si votre objectif a été optimisé par un centre agréé de Service Après-vente de Sigma, une réinitialisation par le logiciel, permettra de repartir des réglages effectués par le SAV et non des réglages initiaux appliqués en sortie d’usine.

Les limites du dock USB

Il ne faut pas sous-estimer la difficulté d’effectuer de bons microréglages. Il est déjà assez délicat de trouver la bonne valeur de correction pour une focale et une distance donnée… alors imaginez le travail et la patience nécessaire pour un zoom où vous pouvez entrer 16 valeurs différentes ! N’oubliez pas qu’il vous faudra effectuer des allers-retours entre les prises de vues de tests et les réglages sur ordinateur… C’est un travail colossal qui en rebutera plus d’un !
Mais qui peut le plus, peut le moins. Rien n’oblige à faire chacune des mesures et rien n’empêche de rentrer plusieurs fois une même valeur de correction. Libre à chacun d’aller plus ou moins loin dans les réglages. En tous cas, avec ce système, Sigma offre aux plus perfectionnistes, la possibilité de réaliser des ajustements extrêmement précis.

Selon moi, le plus gros inconvénient de ce système, c’est que les réglages sont enregistrés pour un objectif donné et non pour un couple boîtier/objectif. Cela pose problème pour les microréglages de l’autofocus qui ne seront pas les mêmes d’un boîtier à un autre. Autrement dit, si vous avez plusieurs boîtiers, avant votre séance photo, il faudra s’assurer que les réglages enregistrés dans l’objectif sont bien ceux correspondant au boîtier que vous allez utiliser… Et si lors d’une même séance photo, vous voulez rapidement passer votre objectif d’un appareil à un autre (par exemple d’un plein format à un APS-C), les réglages ne seront plus adaptés. A ma connaissance Sigma n’a pas résolu ce problème et rien n’indique que techniquement cela soit possible sans collaboration avec les autres marques (il faudrait que l’objectif puisse identifier le numéro de série du boîtier connecté afin d’appliquer les réglages spécifiques à ce boîtier).

Même si le dispositif est perfectible, la création par Sigma de ce dock USB a permis un niveau de réglages et de personnalisation des objectifs jamais atteint jusqu’à présent. Bravo à Sigma d’avoir su innover ! Espérons que d’autres constructeurs s’inspireront de ce système…

EN RESUME ...

EN RESUME ...

Le dock USB Sigma existe en monture Canon, Nikon, Pentax, Sigma et Sony.
Il est compatible avec les objectifs Sigma pour reflex (monture DG et DC) des gammes Contemporary, Art et Sports.

  • Pour tous les objectifs compatibles, il permet :
    • La mise à jour du Firmware
    • Le réglage fin de l’autofocus (corrections pour des distances et focales différentes)
    • Le réglage de la retouche manuelle de la mise au point
  • Pour les objectifs équipés d’un commutateur de modes personnalisés (gamme « Sports »), il permet de régler :
    • La vitesse de l’autofocus (choix entre 3 modes)
    • La plage de distance de mise au point
    • La stabilisation OS (choix entre 3 modes)

Et vous ?Connaissiez-vous ce dispositif et ses possibilités ? L’avez-vous déjà utilisé ? Et si oui, en êtes-vous satisfaits ?

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À propos de : Hervé (LuzPhotos)

Hervé Drouet, photographe professionnel au pays basque, spécialiste formation photo et rédacteur du blog LuzPhotos.

27 commentaires

  1. Superbe explication très claire comme d’habitude !
    Merci Hervé

  2. Bonjour Hervé,
    Je suis sur le point d’acheter le SIGMA 150-600mm en mode S. Penses-tu que ce choix soit judicieux par rapport au TAMRON compte tenu de l’écart de prix?
    Merci pour ta réponse et à bientôt.
    Jean-Paul

    • Bonjour Jean-Paul,
      Je suppose que tu as déjà consulté l’article avec le tableau comparatif entre le Tamron et le Sigma 150-600 mm.
      Sinon, voici quelques pistes de réflexion pour essayer de départager le Tamron et le Sigma Sport en complément de ce qui a déjà été dit sur l’article :

      – Côté optique :
      Pour le Tamron 150-600 sur un capteur plein format, selon la revue Chasseur d’Images (n°361) : « excellent piqué, quelles que soient la focale et l’ouverture ; un rendement optique exceptionnel »
      selon cette même revue (n°369), le Sigma (version Sport) est « légèrement meilleur que le concurrent » (le Tamron). Lorsque l’on compare les mesures, la différence n’est vraiment pas grande. Les tests optiques sont excellents pour les 2 (je t’envoie un petit complément d’information par mail).

      – Côté poids, prix et encombrement : avantage au Tamron.
      Pour l’encombrement, un peu plus long (+ 3 cm) et gros (+ 1,5 cm en diamètre) mais surtout pour le poids, près de 1 Kg en moins quand même ! Si tu aimes faire de la photo à main levée, penses-y.
      Côté prix, actuellement chez Amazon, on trouve le Sigma à 1999 € et le Tamron à 1091 soit tout de même plus de 900 € de différence (voir les liens sur l’article cité en début de commentaire). Donc à mon avis pour ce qui est du rapport qualité/prix, avantage Tamron.

      – Il reste tout de même quelques autres arguments pour justifier cette différence de prix qui selon la pratique photo seront plus ou moins pertinents :
      Avec le Sigma, possibilité de faire des micro-ajustements très précis grâce au dock usb
      Autre point (déjà indiqué dans l’article précité), les filés semblent être assez difficiles à réaliser avec le Tamron (il est d’ailleurs préférable de désactiver la stabilisation) alors que le Sigma présente un mode de stabilisation spécifique (dans tous les cas, réaliser des filés à 600mm restera quand même délicat).

      A mon avis, le Tamron et le Sigma Sport sont assez facilement départageables (il y a des points chez l’un et chez l’autre qui peuvent facilement faire pencher la balance). Sinon, il serait peut-être intéressant d’attendre d’avoir les premiers tests optiques du Sigma Contemporary (avec ce dernier le poids et le prix sont très proche du Tamron).

  3. Un travail colossal (masculin, sans e).

  4. Bonjour à tous,

    Encore merci Hervé pour toutes les informations que l’on trouve en ces pages 🙂

    Je reviens sur un commentaire que j’avais fait sur la page relative au comparatif Canon EOS70D versus 7D au sujet d’un objectif Sigma Art 18-35 F1,8 qui m’avait fort déçu au premier essai avec mon 70D. En mise au point à l’infini en pleine ouverture les photos étaient terriblement floues, et en mise au point rapprochée avec plusieurs plans l’objectif présentait un très net front focus, la mise au point se faisant sur un plan bien plus proche que celui visé par le collimateur (MaP sur collimateur unique).

    J’ai commandé le dock Sigma et ai commencé les ajustements, le résultat est extrêmement encourageant, j’ai des photos enfin nettes sur le plan de mise au point, mais je pense que je peux aller plus loin dans la qualité « rasoir » en peaufinant, quitte à y passer beaucoup de temps.

    Mais après une période d’euphorie à l’idée de récupérer les qualités de mon objectif et de pouvoir enfin en profiter, je m’interroge quant au bien fondé de la politique commerciale de Sigma. Comment ce fabriquant d’optiques peut-il mettre en vente des objectifs présentant de telles dispersions dans les réglages. Car pour mon cas, l’objectif était totalement inexploitable, j’obtenais des photos irrécupérables et bonnes pour la corbeille !

    Bref, Sigma laisse à l’utilisateur le soin de procéder aux réglages finaux. C’est peut-être grâce aux économies faites sur le contrôle et les réglages post-production que le constructeur peut proposer de très bons objectifs à des prix accessibles. Mais d’un autre côté c’est dangereux car tout le monde ne lit pas des blogs d’information pour apprendre comment corriger le défaut. J’imagine que plus d’un objectif est reparti chez le vendeur avec demande de remboursement !

    En tout cas les propriétaires d’un objectif Sigma compatible avec le dock ont tout intérêt à acquérir ce dernier.

    Bien cordialement

    Alain91

    • Merci Alain 🙂
      Pour ce qui est de l’autofocus, c’est vraiment de la mécanique de grande précision où le calage des lentilles, le déplacement des blocs doit être d’une extrême finesse et d’autre part sur les reflex, le capteur autofocus (différent de celui de l’image) recevra la lumière par un jeu de miroirs dont un qui va bouger et devra se remettre précisément en place à chaque déclenchement… l’image étant bien souvent vérifié à la loupe sur ordinateur à 100%… avec le dernier Canon 5DS c’est quand même un peu plus de 50 millions de pixels qui entrent dans seulement 24 x 36 mm ! Tout ça pour relativiser un peu… A priori, vous aviez de votre côté un vrai décalage bien visible mais parfois, avec les possibilités qu’offre le numérique, nous cherchons vraiment la petite bête…
      Après, je ne connais pas la politique de Sigma et les procédures de contrôles mises en œuvre mais, et c’est juste une hypothèse, je ne pense pas que ce soit dans leur intérêt d’avoir trop de retours (tant au niveau financier, qu’au niveau de l’image…). En tout cas, pour ma part je trouve très bien que, ceux qui veulent s’en donner la peine, puissent disposer d’outils performants comme le dock usb.
      Merci pour vos partages et à bientôt !

  5. Merci Hervé.
    Effectivement, je crois qu’on en vient sans doute un peu trop à couper les pixels en quatre, c’est un peu comme les audiophiles qui coupent les décibels en quatre pour trouver les meilleurs maillons de leur chaine hifi afin d’arriver au plus près du résultat qui les satisfait. Sauf que les uns comme les autres, nous sommes d’éternels insatisfaits 🙂

    Pour la petite histoire, me demandant par quel micro-ajustement je devais commencer, entre celui du boitier et celui du Sigma lui-même, j’ai tenté le micro ajustement du boitier avec mes autres objectifs. Je viens de faire celui de mon Tamron 16-300 et celui de mon Canon 50mm F1,4 et dans les deux cas, après avoir fait des essais en sautant de 5 en 5 points de +20 à -20, puis en peaufinant ensuite point par point entre les valeurs les plus satisfaisantes, je me rends compte que j’ai aussi un front focus puisque les meilleurs résultats sont obtenus pour le Tamron à +13 (en T comme en W), et pour le Canon à + 15.
    Je crois donc que je vais remettre les valeurs du Sigma à « standard », puis faire le micro ajustement boitier + Sigma le plus satisfaisant, et ensuite je repasserai l’objectif sur le dock pour voir si je peux encore améliorer les choses.

    J’aurais dû m’intéresser bien plus tôt au micro-ajustement boitier, je pense que j’aurais pu obtenir des photos plus définies aux grandes ouvertures, cela dit l’écart de mise au point était nettement moins flagrant pour les autres optiques que pour le Sigma, ce qui explique que je m’étais contenté du résultat obtenu, même si des crops me laissaient parfois sur ma faim (je mettais le manque relatif de définition sur le compte d’une trop grande précipitation, d’un mauvais ajustement ouverture/vitesse, etc.).

    Tout ceci est vraiment intéressant, en fait je commence seulement à prendre conscience de tout ce que permet un réflex et de la somme de paramètres qu’il faut maitriser pour arriver à un résultat acceptable. Ensuite évidemment il faudrait pouvoir acquérir l’œil de l’artiste ce qui est tout autre chose. Je reste pantois d’admiration devant la magie de certaines photos prises par de vrais artistes avec des appareils relativement simples, parfois même avec des compacts. Tout n’est pas dans la technique, il faut de l’inspiration….

  6. Suite de mes aventures : après avoir réinitialisé le Sigma sur ses valeurs standards, je l’ai remonté sur le Canon 70D et ai procédé à mes tests de micro ajustement boitier : le meilleur résultat, que ce soit en 18 ou en 35 est obtenu en poussant à fond (+20) le micro-ajustement boitier. Dont acte ! Je vais poursuivre maintenant avec les réglages de l’objectif via le dock

  7. Merci pour cet article… qui met en évidence le « foutage de gueule » incontestable de Sigma.
    Commercialiser un Dock pour corriger les défauts de calibrage de l’objectif sorti d’usine… C’est très fort! Avis aux clients Sigma: En principe pas besoin de dock, le réglage du back et du front focus doit être fait gratuitement par le sav Sigma (inclus frais d’expé). En effet c’est une clause qui est une obligation légale dans la garantie pour vice et conformité. Cette garantie n’a rien à voir avec la garantie commerciale et n’est pas limité dans le temps. Vous êtes en droit de réclamer que votre produit soit conforme, c’est à dire, sensé vous fournir une mise au point précise. Si ce n’est pas le cas, Sigma est dans l’obligation d’effectuer ce réglage. Ne lâchez pas l’affaire, le sav Sigma est buté mais les menaces aboutissent…
    Le seul micro intérêt du dock réside donc dans la limitation de la plage AF et personnalisation de la détection AF… C’est mince et pas vraiment probant… Les possesseurs d’objos « Art » n’auront eux, aucun intérêt si ce n’est que de corriger le défaut de FF/BF de leurs cailloux… particulièrement fréquents sur les 1.8/ 18-35mm…

    • Merci Alain pour votre réaction. Je comprends votre point de vue mais je ne le partage pas entièrement.

      Je suis d’accord que ce dock usb ne doit pas dédouaner Sigma de sa responsabilité à proposer des objectifs parfaitement bien réglés en sortie d’usine et il est tout à fait normal de retourner sans frais au SAV un objectif présentant un décalage significatif de mise au point. Il s’agit normalement plus d’optimiser (et non de corriger) la précision de l’AF pour un couple objectif/boîtier. Pour ma part, je vois plus le dock usb Sigma comme un outil supplémentaire mis à la disposition des photographes : libre à chacun de l’utiliser ou non.

      Sans vouloir particulièrement défendre Sigma (je n’ai aucune action chez eux 🙂 ), je tiens à rappeler que, à ma connaissance, tous les fabricants de reflex qui utilisent la mise au point par détection de phase proposent des micro-réglages AF sur leurs boîtiers (au moins dans les gammes experts et pro)… c’est en tout cas vrai pour Canon, Nikon et Pentax.

      On est vraiment dans de la mécanique de précision et visiblement aucun constructeur n’estime être à l’abri d’un manque de précision de l’autofocus d’autant plus que de nos jours, le photographe technophile est sans doute devenu plus exigeant… et qu’il a tendance à vérifier la netteté sur des images agrandies à 100% sur son écran…
      Pour répondre à cette exigence de précision, les réglages permis par le dock usb peuvent être beaucoup plus précis que ceux proposés sur les boîtiers des constructeurs d’APN.

      D’autre part, avec le temps, il est aussi possible que d’anciennes optiques présentent de petits décalages de mise au point (jeux optiques internes, décalages suite à des chocs…). Ce dock usb pourrait alors être utile pour garder la précision d’un objectif qui ne serait plus sous garantie.

      Autre avantage non négligeable, cela permet de faire une mise à jour de firmware sans avoir à passer par le SAV. Ok, ce n’est pas tous les jours qu’il y a des mises à jour des mirco-logiciels des objectifs mais le jour où ça arrive, je pense qu’on est bien heureux de le faire en 5mn chez soi.

      Pour prendre un exemple concret, j’avais acheté le Tamron 150-600mm assez rapidement après sa sortie. Plusieurs mois après, le constructeur a fait une mise à jour de firmware pour améliorer les photos de filés avec le stabilisateur activé… il a fallu que je justifie ma demande pour une prise en compte par la garantie, que j’envoie mon objectif et que surtout j’attende plus d’un mois pour le récupérer après plusieurs relances ; tout ça pour une simple mise à jour de firmware !
      Si Tamron avait eu un système équivalent au dock usb Sigma, je ne me serai pas pris la tête et j’aurai gagné un temps fou 🙂

  8. Merci de votre avis Hervé. Il est vrai qu’en 30 ans de pratique pro je n’ai jamais eu à mettre à jour un seul firmware d’objectif. Pour le reste des fonctionnalités proposées par le dock pour les objectifs « Art » il n’y a que la correction Front ou Back focus… Il est vrai que la précision de mise au point AF est de nos jours sur un degré d’exigence élevé, ce qui ne dédouane pas les fabricants de nous fournir des objectifs bien réglés et conformes au niveau de qualité qu’ils encensent dans leurs publicités, sans devoir recourir à des accessoires pour atteindre cette qualité maximale (qui a donné justification du prix payé!).

    Mon propos visait la série « Art » mais pour ce qui est des autres objectifs (liste limitée aux objectifs compatibles) vous avez raison de préciser que Réglage de la vitesse AF / Personnalisation de la plage de mise au point / Paramétrage de la stabilisation OS peuvent être des fonctions utiles aux utilisateurs…

    Pour les « anciennes » optiques Sigma présentant des défauts… Décalage, chocs etc… Je doute fort qu’un dock Sigma ne puisse corriger un descentrage de lentille, ni l’usure d’une rampe hélicoïdale dont le comportement sera aléatoire…

    Enfin chacun est libre d’acheter ou non ce Dock, qui, il faut le reconnaître, a le mérite d’exister… Mais il serait vraiment souhaitable que le SAV Sigma mette de l’eau dans son vin car il est mauvais (manque de communication chronique, Garantie caduque en cas de cession, interventions non justifiées, prix des interventions injustifiés, refus d’intervention sur les pbl de vices cachés et conformité, absence de comptoirs SAV de proximité, etc… la liste est longue!!)…

    • Oui, on est d’accord pas de chance pour la mise à jour de firmware 🙂
      Pour la correction d’objectif anciens en cas de décalage, chocs, oui sur ce coup j’avoue je suis sans doute un peu trop optimiste sur les chances du dock usb de corriger le problème…

      Pour ce qui est des SAV, j’ai un peu l’impression que c’est souvent un point faible de beaucoup de constructeurs et malheureusement pas nécessairement des seuls constructeurs génériques… 🙁 et d’ailleurs, à mon avis, un problème plus général qui ne se limite pas qu’au matériel photo…

  9. Comme j’avais espéré 🙂 , Tamron s’est inspiré de l’innovation de Sigma pour lancer son propre dock usb (espérons que les autres grands constructeurs suivront) : le TAP-in Console.

    L’annonce a été faite en février 2016 pour un lancement en mars pour les montures Canon et Nikon puis un peu plus tard pour Sony.

    On retrouve à peu près les mêmes possibilités qu’avec le dock usb Sigma : mise à jour du firmware, réglage de la mise au point, de l’éventuel limiteur de distance de mise au point et de la fonction de stabilisation… mais attention pour l’instant il y a bien sûr encore peu d’objectifs compatibles.

    Un peu plus d’information ici : http://www.tamron.eu/fr/actualites/actualites-du-blog/detail/721/

  10. Merci bcp Hervé pour toutes ces explications.

  11. Bonjour Hervé
    Pour mise à jour dock USM
    si j’utilise toujours sur le même boitier ,est ce que j’ai besoin de faire la mise à jour plusieurs fois
    Merci Hervé cordialement

    • Bonjour, le dock USB Sigma permet une mise à jour du Firmware de l’objectif : un message devrait vous informer s’il existe une nouvelle version. Si la mise à jour concerne uniquement la compatibilité avec de nouveaux boîtiers, elle n’est pas indispensable, mais ne fera pas de mal non plus. Par contre, la mise à jour d’un firmware d’objectif peut aussi concerner d’autres aspects comme la compatibilité avec de nouveaux convertisseurs ou téléconvertisseurs Sigma, l’amélioration de l’algorithme d’autofocus, de celui de la stabilisation… dans ces dernier cas, on a alors tout intérêt à faire cette mise à jour 🙂

  12. Merci Hervé pour toutes ces explications

  13. Bonjour Hervé,
    J’ai fait l’acquisition du 150-600 Contemporary dernièrement, après avoir utilisé quelques années le 120-400 Sigma, et je trouve que la stabilisation du 150-600 ne fige pas l’image dans le viseur comme le 120-400. J’ai en effet l’impression de percevoir un bougé permanent de l’image. Le résultat n’est mauvais mais je ressent moins l’effet de stabilisation. Je te précise que je reste sur la focale 500 mm maximum à mains levées, et qu’à 600 mm j’utilise un monopod ou trépied.
    Questions : Faut-il débrayer le mode  » AF Précis » sur mon Nikon D7100 ou laisser le réglage que j’ai enregistré ( -5 ) , après avoir procédé aux réglages avec le Dock, et est-ce que je trouverai une amélioration de la stab et de l’AF avec le Dock Usb, que j’ai envie d’acheter.
    Merci Hervé.
    Cordialement.

    • Bonjour Christian,

      A mon avis tu peux aussi bien laisser le réglage précis de l’AF sur ton Nikon D7100 ou le remettre à zéro : tu partiras juste d’un point de départ différent pour tes réglages d’AF avec le dock usb. Par contre, une fois choisi entre garder ou non les réglages AF de l’appareil, il faudra bien sûr s’y tenir. Si tu as déjà constaté une amélioration avec un réglage global de -5, autant partir de là pour régler plus finement (en fonction des focales et distances) l’AF avec le dock USB. Le dock USB devrait donc pouvoir améliorer la précision de l’AF.

      Concernant la vitesse de l’autofocus et la stabilisation OS, à travers les modes personnalisés, au mieux, il sera possible de choisir entre différents modes de comportements possibles (3 chacun) : par exemple, le « Mode OS progressif » devrait permettre d’avoir moins d’à-coup dans le viseur (cf. partie « Réglages pour les objectifs équipés d’un commutateur de modes personnalisés » dans cet article).

      N’hésites pas à faire une retour sur le blog !

  14. Ajout du lien de téléchargement anglais du logiciel du dock USB Sigma (le lien français ne fonctionne plus pour l’instant) et mise à jour des liens produits.

  15. Bonjour Hervé,
    Je viens de faire l’acquisition du Dock Sigma, et bien sûr des questions pratiques vont se poser rapidement. En premier, concernant les réglages C1 et C2, pour la personnalisation de ces 2 modes, est-il nécessaire de glisser le curseur sur C1 et ou C2 pour effectuer les réglages, ou est-ce que logiciel met à jour automatiquement l’option choisie même si je laisse le curseur sur OFF.
    Idem pour l’OS, faut il glisser le curseur sur 1 et régler le 1 , et ensuite glisser sur 2 pour régler le 2 ?
    Je pense personnellement que les réglages doivent se faire en laissant tout sur OFF, mais je préfère que tu m’aiguille.
    Merci Hervé, et surement à bientôt, si tu me le permet.
    Christian

  16. Bonjour Hervé et merci de ta réponse, je vais procéder dans ce sens.
    Bonne journée.
    Christian.

  17. Bonjour,
    après l’acquisition du 150-600 Sigma Contemporary, j’ai donc acheté le Dock USB Sigma. J’avoue être assez satisfait des résultats rendus. J’ai choisi après plusieurs essais de commuter mon objectif en C1 sur l’ OS Dynamique, car j’aime voir si la stabilisation est en place et pour l’ AF sur la Priorité à la Précision du point.
    Un peu plus de galère pour trouver le réglage Auto Focus, mais j’ai pris comme option de me concentrer sur les focale et les distances qui sont les plus utilisées pour ma part, en l’occurrence ; les focales 400 mm à 600 mm (500 mm non signifié sur le Dock) et les distances de 10 à 40 mètres environ ( estimation sur l’échelle de distance de l’objectif ). Après essais j’ ai pensé que les focales 150 à 300 mm n’ont pas trop d’intérêts à être modifiées, sachant que leur rendu d’origine est très acceptable.
    Je dois dire qu’au final j’ai des images nettes qui ne nécessitent aucune accentuation en post traitement, sous réserve des flous de bougé qui peuvent êtres présents à mains levées.
    Pour ma part, ce Dock est bien utile.
    Merci encore à Hervé pour ses conseils et sa gentillesse.
    Christian.

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