Beaucoup de photographes pensent que le pare-soleil ne sert à rien d’autre que lutter contre un soleil fort. Si l’on se réfère à son nom, « pare-soleil », cela semble en effet être une évidence indiscutable… Cet accessoire annonce la couleur, il protège de la lumière du soleil ! Alors à quoi bon s’encombrer de cet objet si le soleil n’est pas de la partie ? Dans cet article, après avoir rappelé ce qu’est un pare-soleil et les formes qu’il peut prendre, nous verrons que cette idée reçue, si elle est logique, est bien trop restrictive : l’utilité du pare-soleil ne se limite pas à ce que son nom laisse supposer !
Pare-soleil – Définition
Techniquement, le pare-soleil (ou lens hood en anglais) est une protection physique fixée sur l’avant de l’objectif qui empêche les rayons lumineux parasites d’entrer dans l’optique depuis des angles obliques.
Types de pare-soleil
Il n’existe pas un pare-soleil qui pourrait s’adapter à n’importe quel objectif. La taille et la forme d’un pare-soleil devra être compatible avec le système d’accroche, le diamètre et aussi avec la ou les focales de l’objectif (focale fixe ou zoom) sur lequel il sera fixé.
Un pare-soleil ne doit évidemment pas être du tout visible sur la photo ! Si l’angle de vue englobe, même partiellement, un bout du pare-soleil, cela se traduira par un assombrissement des coins et/ou du pourtour de votre photo. C’est ce que l’on appelle le « vignetage ».
- Plus votre focale sera petite, plus votre angle de prise de vue sera large et donc plus votre pare-soleil devra être ouvert et peu profond pour ne pas créer de vignetage.
- A l’inverse une longue focale aura un angle de champ réduit qui permettra l’utilisation d’un pare-soleil plus long et profond sans faire apparaitre de vignetage.
- Sur un zoom, le pare-soleil ne devra pas créer de vignetage au grand-angle : si c’est bien le cas à la focale la plus courte, alors ce sera aussi le cas en zoomant car l’augmentation de la focale réduira encore plus l’angle de prise de vue.
Pour répondre aux contraintes expliquées ci-dessus, les 2 formes les plus courantes de pare-soleils sont :
Le pare-soleil en forme de pétale (ou tulipe)
Ce type de pare-soleil a une découpe optimisée qui bloque au maximum les rayons lumineux parasites tout en évitant le vignetage. Ils sont principalement utilisés pour les objectifs avec une focale courte (grand-angle). On les retrouvera notamment sur les objectifs transtandard type 24-105 mm (parfois aussi sur des zooms type 70-200 mm : ces pare-soleils auront une découpe similaire, mais seront plus profonds, comme sur le type de pare-soleil cylindrique ; cf. partie suivante).
Le pare-soleil long et cylindrique
Ce type de pare-soleil a une construction beaucoup plus simple, il est de forme tubulaire et présente une profondeur régulière, sans découpe. Il se retrouve généralement sur des téléobjectifs (focales assez, voire très grandes). Leur fixation est le plus souvent à baïonnette, plus rarement à vis (utilisation du filetage avant de l’objectif).
Les utilités de pare-soleil
Il y a l’utilité première du pare-soleil, celle pour laquelle il a été initialement conçu et il y a une utilité que je qualifierais d’indirecte ou de secondaire (mais qui n’en reste pas moins profitable au photographe).
Utilité première du pare-soleil : réduire les effets des rayons lumineux parasites
L’association « pare-soleil / lumière solaire » est naturelle : on imagine un « visière » qui bloque le soleil. Dans un environnement très lumineux, on remarque facilement les effets de lumière parasite sous forme d’artéfacts (halos, tâches, rayons) et/ou de voile lumineux (les photographes utilisent généralement le terme anglais « flare » pour parler de ces phénomènes optiques ; cf. définition complète dans l’encadré ci-dessous), ce qui renforce l’impression que l’accessoire est uniquement utile en plein soleil.
Le « flare » (éclat en anglais) est un terme générique désignant l’ensemble des effets de lumière parasite produits à l’intérieur de l’objectif lorsque une source lumineuse (dans ou hors du cadre) provoque des réflexions internes et/ou de la diffusion. Il se manifeste principalement sous deux formes :
● Flare diffus : voile lumineux / perte de contraste (aspect laiteux, noirs délavés, baisse du contraste global)
● Flare localisé ou ghosting (ghost signifie fantôme en anglais) : artefacts visibles (formes, halos, taches), images fantômes distinctes : ces artéfacts sont habituellement caractérisés par des formes géométriques (cercles, polygones, traînées) répétées, alignées avec la source lumineuse et parfois colorées (vert, violet, magenta)
Les traitements antireflets modernes limitent ces phénomènes, mais ils ne peuvent pas remplacer un pare-soleil qui lui-seul pourra empêcher une partie de la lumière parasite d’entrer dans l’objectif.
En réalité, votre pare-soleil pourra également s’avérer utile lorsque la lumière est diffuse (brouillard, brume, couverture nuageuse uniforme) : quand la lumière ambiante vient de toutes parts, les rayons parasites latéraux sont nombreux, et peuvent, si rien ne les bloque, réduire le contraste et le piqué de vos photos. Avec un pare-soleil, ce n’est pas uniquement le soleil que l’on vise, mais toute lumière qui ne participe pas à la formation de l’image.
Quel que soit le type de lumière, une source lumineuse hors du cadre peut envoyer de la lumière oblique vers l’objectif. Ces rayons peuvent se réfléchir entre les lentilles et altérer l’image. Un pare-soleil bien adapté limite le phénomène de flare en bloquant cette lumière latérale.
Autrement dit, même si le soleil n’est pas directement visible ou n’est pas fort, le pare-soleil peut améliorer le contraste et la fidélité tonale de vos images.
J’insiste… ce n’est pas parce qu’aucun artefacts lumineux vous saute aux yeux à la prise de vue que le pare-soleil est inutile ! Même en l’absence de flare visible, la lumière parasite peut réduire le micro-contraste, la sensation de netteté et donner une image moins détaillée, plus « plate »…
Utilité secondaire : protection physique de la lentille frontale de l’objectif
Au-delà de l’aspect optique, le pare-soleil aura un rôle protecteur précieux surtout quand on manipule l’appareil fréquemment ou dans des environnements un peu agressifs.
Le pare-soleil protège la lentille frontale contre :
- les empreintes de doigts ou poussières,
- les chocs légers, rayures et éraflures accidentels,
- les gouttes de pluie, neige ou embruns : vous ne serez pas obligé d’essuyer en permanence votre lentille frontale (ou du moins vous devrez le faire beaucoup moins souvent que si vous n’aviez pas de pare-soleil).
Bien entendu, cette protection physique sera plus ou moins efficace selon la profondeur de votre pare-soleil. Elle sera minime avec un pare-soleil en tulipe fixé sur un objectif grand-angle (pare-soleil ouvert et peu profond) alors qu’elle sera très efficace sur un longue focale avec un pare-soleil cylindrique profond.
Mon conseil : gardez votre pare-soleil en permanence (ou presque)
En conclusion, l’idée reçue « le pare-soleil n’est utile qu’en plein soleil » repose sur une interprétation trop simplifiée du rôle de cet accessoire. En réalité, le pare-soleil :
- limite les artefacts lumineux et améliore le contraste, même par temps couvert
- protège physiquement (au moins en partie) la lentille frontale contre les chocs, rayures ou éclaboussures,
Vous l’aurez compris, pour les raisons citées ci-dessus, je vous conseille de mettre systématiquement votre pare-soleil… sauf dans quelques cas bien précis :
- Vous voulez jouer avec les effets esthétiques des lumières parasites (les garder voire les provoquer, les favoriser),
- Dans le sac, pour prendre moins de place (la plupart des pare-soleils peuvent se fixer à l’envers afin de ne pas dépasser du fût de l’objectif),
- Il vous gène pour mettre un filtre (à noter toutefois que certains pare-soleils profonds ont une petite trappe pour pouvoir accéder à un éventuel filtre polarisant et le tourner),
- En photo macro, son encombrement vous gène lorsque vous vous approchez très près de votre sujet,
- Il est trop visible et proéminent alors que vous cherchez à vous faire le plus discret possible,
- Il créé une ombre porté lorsque vous utilisez un flash (le plus souvent le flash interne de l’appareil qui est très proche de l’axe optique).
Et vous ?Avez-vous un pare-soleil pour tous vos objectifs ? Et surtout l’utilisez-vous souvent, parfois, jamais ? Lui voyez-vous d’autres utilités que celles évoquées dans cet article ? ou bien au contraire, d’autres cas où le pare-soleil vous gène, des cas où vous n’aimez pas l’utiliser ?
LuzPhotos – Blog et formations photo Apprendre et progresser en photo

Un bon tour de la question ;
Je me demandais bien la raison de cette forme en tulipe; merci pour la réponse !
Les Pare-soleil sont toujours montés sur mes objectifs ( prêt à servir ou retournés suivant l’encombrement ) et je les enlève au coup par coup.
Pas trop de soleil en ce moment !!!
Cordialement
Jean-Yves
Le pare soleil à sauvé mon objectif de focale 85 ouvert à 1,4 lors de la chute sur le carrelage, il a bien amorti le choc et donc pas de dégâts .
Merci pour ce témoignage qui prouve que le pare-soleil peut dans certains cas nous éviter le pire !!!