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La photo en hiver : protéger son matériel du froid et des intempéries

Nous avons vu dans un premier article comment se protéger du froid (comment s’habiller, quels vêtements privilégier, quels sont les précautions à prendre, les gestes utiles ou au contraire ceux à éviter…), je vous donne aujourd’hui des conseils pour prendre soin et protéger votre matériel photo lorsque vous êtes confronté au froid et à la neige.

Photo en hiver : protéger son matériel photo contre le froid et les intempéries

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La fourchette de températures et d’humidité de fonctionnement de votre APN

L’électronique en général n’apprécie pas particulièrement les basses températures et l’humidité. C’est pour cette raison que les constructeurs d’appareils photo indiquent une plage de température de fonctionnement et un taux d’humidité maximal. Au-delà de ces valeurs, il est tout à fait possible que votre appareil fonctionne mal ou même pas du tout. Le retour à une température « normale » devrait résoudre un éventuel dysfonctionnement passager.

Avec des températures froides extrêmes :

  • les pièces mécaniques peuvent se gripper à cause d’un durcissement des graisses qui en temps normal atténuent les frottements et l’usure : obturateur mécanique plus lent ou qui se coince, bague de zoom ou de mise au point de l’objectif qui devient dure ou se bloque…
  • l’électronique peut également dysfonctionner : de par sa technologie, l’affichage des écrans à cristaux liquides (LCD) peut avoir du mal à se rafraîchir (affichage plus lent) ou même avoir tendance à se figer. Il semble aussi qu’un manque d’énergie (nous verrons que les batteries n’apprécient pas le froid) puisse également être à l’origine de ratés comme un posemètre (mesure de l’exposition) qui dysfonctionne.

Voici un tableau avec des exemples de plage de températures de fonctionnement et de taux maximal d’humidité (sans condensation) que l’on retrouve dans les modes d’emploi des appareils photo :

Marque et modèles d’APN (1)Températures de fonctionnementHumidité de fonctionnement
(en pourcentage)
Canon EOS 5D, 5D mark II, III et IV, 5Ds et 5Dsr, 6D, 6D mark II, 7D, 7D mark II, 20D, 30D, 40D, 50D, 60D, 70D, 77D, 80D, 100D, 200D, 300D, 400D, 500D, 600D, 700D, 750D, 760D, 800D, 1000D, 1100D, 1200D, 1300D, 2000D, 4000D
Canon hybride EOS M3, M5, EOS R…
0 à 40 °C85% ou moins
Canon reflex pro EOS de la série 1D : 1D, 1D mark II, III et IV, 1DX, 1DX mark II0 à 45 °C85% ou moins
Fujifilm DC X-A3, X-A5, X-E3, X-T20, X-T1000 à 40 °C10 à 80 %
Fujifilm GFX 50s, DC X-H1, X-Pro2, X-T2, X-T3-10 à 40 °C10 à 80 %
Leica M, M240, SL, V-LUX0 à 40 °C10 à 80 % (2)
Nikon D3, D4, D4s, D5, D40, D90, D500, D600, D610, D700, D750, D800, D810, D850, D3500, D5300, D5600, D7100, D7200, D7500, …
Nikon hybride Z6, Z7
Nikon compact Coolpix A900, P900, P1000…
0 à 40 °C85% ou moins
Nikon Coolpix W300 (étanche)-10 à 40 °C (utilisation sur la terre ferme)
0 à 40 °C (utilisation sous-marine)
85% ou moins
Olympus OM-D E-M5, E-M10, E-M10 Mark II, E-M10 mark III
Olympus PEN E-PL7, E-PL8, E-PL9, PEN-F
0 à 40 °C30 à 90 %
Olympus OM-D E-M1, E-M1 Mark II, E-M5 mark II
Olympus Tough TG-4 et TG-5 (APN étanches)
-10 à 40 °C30 à 90 %
Panasonic Lumix DC-GX8, GX9, GX80, GX800, DMC G7, G80, GM50 à 40 °C10 à 80 %
Panasonic Lumix DC-G9, DC-GH5-10 à 40 °C10 à 80 %
Pentax KP, K-1, K-1 mark II, K-3, K-3 mark II, K-70, K-S2
Pentax 645Z
-10 à 40 °C85% ou moins (3)
Sony Alpha 7, 7 II, 7 III, Alpha 7R, 7R II, 7R III, Alpha 7S, 7S II, Alpha 9
Sony Alpha 3000, 5000, 5100, 6000, 6300, 6500
Sony Alpha 68, 77, 77 II, 99, 99 II
Sony RX100, RX100 II, III, IV, V, VI…
0 à 40 °CNC (4)
(1) Le tableau n’est pas exhaustif mais les valeurs (températures et taux d’humidité) données ont été vérifiées directement dans le mode d’emploi ou la fiche technique de chaque modèle d’appareils photo cité.
(2) Information trouvée uniquement pour le Leica V-LUX mais il est plus que probable que cette fourchette soit valable également pour les autres modèles.
(3) Information non trouvée pour les Pentax K-3, K-S2, 645Z mais il est plus que probable que le taux maximal des autres modèles soit valable également pour ces 3 modèles.
(4) Information Non Communiquée (non trouvée dans les spécifications techniques et les modes d’emploi).

A la lecture de ce tableau, vous pouvez constater que la plupart des appareils affichent une fourchette de températures de fonctionnement comprise entre 0 et 40 °C.

La température limite basse annoncée peut parfois être plus froide (-10 °C) . C’est le cas avec la plupart des appareils tout terrain étanches ou chez Pentax (marque renommée pour sa résistance aux intempéries) et pour quelques modèles haut de gamme (chez Fujifilm, Olympus et Panasonic), mais cela reste plutôt l’exception et non la règle (par exemple aucun boîtier pro de chez Canon, Nikon et Sony indique des températures en dessous de 0).

Cette limite de fonctionnement à 0 °C qui est donc la plus fréquente et que l’on retrouve même chez des grandes marques et des boitiers haut de gamme, peut sembler insuffisante. On peut toutefois supposer que les constructeurs préfèrent annoncer des fourchettes de températures de fonctionnement assez restreintes pour se protéger d’éventuelles réclamations qui pourraient être motivées par des dysfonctionnements, même légers, comme un affichage écran LCD plus lent…
D’ailleurs, il est à noter que beaucoup de fabricants distinguent températures de fonctionnement et températures de stockage. Ces dernières sont plus étendues. Par exemple, lorsque l’information est donnée, la plage de température de stockage s’étend très souvent de -20 à +60 °C. C’est le cas sur la plupart des appareils photo numériques de chez Nikon, Olympus et Sony.
N’oubliez pas qu’un appareil allumé va produire un peu de chaleur en fonctionnant. La température interne d’un boîtier en marche sera donc plus élevée que celle de son environnement.

Et puis rassurez-vous, il existe beaucoup d’exemples de photographes qui ont utilisé sans soucis leurs appareils dans des conditions extrêmes malgré les préconisations prudentes des constructeurs.

C’est le cas de Vincent Munier, célèbre photographe animalier français, qui dans ses divers périples a très souvent affronté des froids polaires… et pourtant il nous ramène à chaque fois des photos magnifiques. Il utilise des boitiers pro de chez Nikon : en particulier le Nikon D4, D5 et le D500.
Lors d’une interview après un de ses voyages au Tibet, il dit notamment au sujet des conditions de prises de vue : « On pourrait penser que la météo joue un rôle déterminant lorsque l’on photographie à -35 °C, mais tout l’équipement Nikon que j’ai utilisé fonctionnait à la perfection dans ces conditions ».
Pourtant dans la fiche technique de ces appareils, la fourchette de températures va seulement de 0 à 40 ° C (voir la partie « Conditions de fonctionnement » du tableau des caractéristiques techniques chez Nikon).

Preuve que les constructeurs d’appareils photo sous-estiment volontairement les plages de fonctionnement, même si en parallèle, ils sont certainement très contents que des ambassadeurs de leur marque parlent des conditions extrêmes dans lesquelles leur matériel peut être utilisé…

Protéger son appareil photo

A part si votre appareil photo est tropicalisé (conçu pour résister à un peu de pluie), ou mieux encore étanche, il sera préférable d’éviter tout contact avec l’eau sous toutes ses formes (neige, pluie, condensation…).

Conseils généraux

Utiliser un sac photo imperméable

Photo en hiver : housse de protection contre la pluie et la neige d'un sac à dos LoweproSi lors d’une sortie photo, vous n’utilisez pas votre appareil, la meilleure protection contre les intempéries sera votre sac… encore faut-il que ce sac soit imperméable ou au moins que vous puissiez ajouter une housse anti-pluie pour protéger le matériel qu’il contient. Si lors de l’achat votre sac n’a pas de protection anti-pluie, vous pourrez toujours en trouver une dans le commerce. Lors de votre choix, faites bien attention à choisir la bonne taille par rapport au volume de votre sac.

Mettez le paresoleil sur votre objectif

Le paresoleil ne protège pas seulement votre objectif des reflets parasites, il protège aussi la lentille frontale des chocs et rayures mais aussi au moins en partie de la pluie et la neige. Bref, si vous ne voulez pas passer votre temps à essuyer la lentille pour enlever les gouttes d’eau, mettez votre paresoleil. Bien sûr, en fonction de sa forme et de sa profondeur, le paresoleil sera plus ou moins efficace. Le paresoleil d’un objectif grand-angle sera beaucoup moins protecteur que celui d’un téléobjectif.

Ayez toujours sur vous un chiffon doux

Un chiffon doux type microfibre vous permettra d’enlever la neige ou la pluie, sur la lentille frontale et sur votre appareil. Si votre appareil photo n’est ni étanche ni tropicalisé ou protégé par une housse (voir la partie suivante « Protéger son appareil de la pluie et de la neige »), en fondant, la neige risquerait de pénétrer dans votre objectif ou votre boîtier et de les endommager au même titre que la pluie.
Je vous conseille même d’avoir deux chiffons sur vous (directement accessibles) : un assez grand pour absorber l’eau déposée sur votre lentille et sur votre appareil, et un autre pour bien nettoyer et essuyer la lentille frontale (si vous utilisez le même chiffon, au fil des utilisations, il risque d’être trop mouillé et de laisser des traces sur la lentille).

Avant de rentrer au chaud, si vous avez de la neige sur votre boîtier et qu’il est ni étanche, ni tropicalisé, prenez le temps de l’enlever car sinon, une fois à l’intérieur, en se réchauffant la neige se transformera en eau…Plus loin dans l’article, je vous donne aussi une astuce pour éviter la condensation que vous pouvez avoir en passant d’un environnement froid à un intérieur chauffé.

Attention à votre respiration par temps froid

Par température négative, votre propre souffle qui est humide et chaud risque de provoquer de la condensation voire pire, de la glace sur votre matériel. Ce serait donc une très mauvaise idée de souffler sur votre lentille frontale pour tenter de faire partir une saleté ou pour faire de la buée avant de passer un chiffon. De même si vous avez un peu de givre sur votre lentille, souffler dessus ne ferait qu’empirer la situation. En faisant cela par temps très froid, l’air chaud sortant de votre bouche va directement geler sur votre lentille. Si vous devez changer d’objectif dans ces conditions, faites donc très attention à ce phénomène : l’air chaud de votre respiration ne doit surtout pas rentrer dans votre boîtier ou objectif !

Protéger son appareil de la pluie et de la neige

Nous l’avons vu, il est important d’avoir un sac photo qui protège bien votre appareil photo (des chocs et des intempéries)… mais si vous voulez prendre des photos, il faudra bien le sortir à un moment donné !

Appareil photo étanche et tropicalisé

Photo en hiver : gouttes d'eau sur un appareil photo Pentax tropicaliséEn photographie, le qualificatif tropical fait référence au climat des régions tropicales qui est essentiellement caractérisé par de hautes températures, un taux d’humidité élevé et de fortes précipitations. Un boîtier tropicalisé est donc censé pouvoir affronter sans problème ce type de conditions climatiques.

Par exemple Pentax, qui a fait de la tropicalisation de ses boîtiers reflex un argument commercial fort, parle de la tropicalisation en ces termes pour le Pentax K-3 II :
« Photographiez sans soucis même dans les conditions de pluie et de poussière les plus sévères.
La conception tropicalisée de l’appareil empêche la pénétration de projections, de sable et de poussières. »
Et généralement, comme preuve du sérieux de la construction, Pentax précise même le nombre de joints utilisés pour assurer la tropicalisation de ses appareils. Si l’on reprend l’exemple du K3 II :
« 92 joints placés à divers endroits du boîtier (y compris sur les parties sensibles telles que les boutons et les sélecteurs) protègent tous les points d’entrée possibles ».

Dans la mesure où le terme tropicalisation fait référence essentiellement à l’humidité et à l’eau, certains constructeurs, comme Pentax, précisent concrètement les conséquences pratiques d’une « Construction tropicalisée » alors que d’autres préfèrent ne pas employer le terme mais parlent plutôt de « résistance à l’humidité et à la poussière » .

Attention, pour être parfaitement clair, la tropicalisation d’un appareil va empêcher la poussière et l’eau de pénétrer dans l’appareil mais jusqu’à un certain point… Un boîtier tropicalisé n’est pas l’équivalent d’un appareil photo étanche qui lui, a été conçu pour supporter sans broncher une immersion totale dans l’eau. La tropicalisation protégera votre appareil de la pluie, des embruns, d’un vent chargé en poussière mais en aucun cas d’une immersion totale dans l’eau ! Bref, contrairement à un appareil photo étanche, un boîtier tropicalisé est censé pouvoir prendre une douche mais pas un bain,:-) .

Attention, dans le cas d’un appareil à objectif interchangeable, n’oubliez-pas que le boîtier peut être tropicalisé mais que l’objectif ne l’est pas forcément…vous devez connaître les caractéristiques de votre matériel pour pouvoir le protéger en conséquence.

Donc, si vous avez un appareil photo (objectif compris) étanche ou tropicalisé, vous pourrez sans problème affronter la pluie et la neige. Dans le cas contraire, si vous voulez faire de la photo même dans ces conditions difficiles, il sera préférable de fabriquer ou d’acheter une protection contre la pluie.

Acheter une housse de protection pour votre appareil photo

Si vous n’avez pas envie de vous embêter, vous pouvez trouver dans le commerce des housses anti-pluie. De ce que j’ai pu voir, elles sont toutes prévues pour des appareils photo de grande taille type reflex. Certaines ont des manchons pour les mains, d’autres sont doublées pour protéger du froid et atténuer les bruits (intéressant pour la photo animalière si le déclenchement de votre appareil est trop bruyant)…
Vous trouverez différents modèles chez Digit-Photo et chez MissNumerique.

Pour ma part, j’ai eu l’occasion d’utiliser une protection basique peu chère (Rainsleeve de chez OpTech). J’avais fait un petit retour d’expérience dans la première partie de l’article suivant : Protections photo contre la pluie.

Créer une protection contre la pluie et la neige

Il suffit d’utiliser un grand sac transparent, type sac de congélation (la transparence est indispensable pour voir dans le viseur, voir le ou les écrans ainsi que les divers boutons et molettes de réglages).

  • Dans le fond du sac, faites un trou juste assez grand pour laisser passer l’avant de l’objectif.
  • Pour maintenir en place le plastique et éviter les interstices par lesquels pourrait passer l’eau, utilisez un élastique (de préférence un élastique plat assez large qui sera plus efficace qu’un simple élastique rond) que vous positionnerez sur le paresoleil de l’objectif.
  • Pour éviter que cela glisse lors des manipulations, je vous conseille de consolider la fixation à l’aide de petits bouts de gaffer (ruban adhésif) : assurez-vous d’inclure sous le gaffer, l’élastique avec le plastique et un bout non couvert du paresoleil (point de fixation). Dans le cas d’un zoom dont le fût s’allonge (longueur d’objectif variable selon la focale), faites impérativement la mise en place à la plus longue focale. Ainsi, vous vous assurerez d’avoir une longueur suffisante de plastique pour ne pas empêcher le passage du grand angle à la plus longue focale. Un autre élastique à la base de l’objectif permettra de maintenir le sac en position, même lorsque la longueur de l’objectif sera au minimum (au grand angle, fût non allongé).
Photo en hiver : créer soi-même une protection contre la pluie et la neige à partir d'un sac transparent

Création d’une protection contre la pluie et la neige à partir d’un simple sac plastique avec 2 élastiques et un peu de gaffer (ruban adhésif).
A gauche, position de l’objectif au grand-angle ; A droite, zoom sorti au maximum

Si le sac est suffisamment grand, vous pourrez glisser votre main droite à l’intérieur pour faire les réglages. Toutefois, même si c’est un peu moins pratique, il est également possible d’effectuer les réglages et d’appuyer sur le déclencheur au travers du plastique (main positionnée à l’extérieur).

Dans tous les cas, pour bien protéger votre APN, il est préférable que le plastique descende bien jusqu’en bas de l’arrière du boîtier et donc de viser au travers du plastique (ce n’est finalement pas si gênant).
Photo en hiver : Création d'une protection contre la pluie et la neige à partir d'un sac transparent - Gros plan sur l'oeilletonUne autre solution consiste à faire, comme sur certains systèmes vendus dans le commerce, un petit trou dans le sac au niveau du viseur et de le maintenir en position en le coinçant avec l’œilleton (il faut d’abord enlever l’œilleton, positionner le trou du sac au niveau du viseur puis remettre l’œilleton en place). Avec cette astuce, la visée sera plus confortable. En revanche, en remettant l’œilleton en place, le sac plastique risque de se déchirer autour et ne sera peut-être pas réutilisable bien longtemps. Là encore un peu de gaffer pourra s’avérer utile pour colmater un petit trou non voulu par lequel pourrait s’infiltrer de l’eau.

Que ce soit avec une housse de protection achetée ou, à plus forte raison, avec un système fait maison (qui suppose une installation plus longue), je vous conseille vivement de faire tranquillement la mise en place à l’abri avant de sortir affronter la pluie ou la neige.

Éviter le givre

Parfois, lorsque l’air est très froid et humide, il peut y avoir formation de givre sur la surface de la lentille de votre objectif. Le paresoleil peut retarder son apparition mais ne l’empêchera pas. S’il n’est pas trop collant, vous pouvez toujours essayer de l’enlever délicatement en passant un chiffon microfibre mais le givre va certainement se reformer assez rapidement. Comme dit précédemment, ne soufflez surtout pas pour essayer de le faire partir, ce serait pire. Dans ces conditions, la séance photo risque vite de devenir très compliquée. Donc si vous êtes à un endroit où le givre revient sans cesse, comme par exemple près d’un torrent où l’humidité dans l’air est élevée, alors il est peut-être temps de chercher un autre lieu avec des conditions plus favorables pour continuer à faire des photos. Rien ne vous empêchera de revenir un autre jour avec des conditions météo plus agréables.

Photo en hiver : du givre sur un objectif tropicalisé Sigma (test subi par le Sigma 150-600mm Sports)

Objectif Sigma 150-600 mm Sports passé sur un banc de test (envoi de givre pour tester la tropicalisation de l’objectif)

Éviter la condensation suite à un choc thermique

Des changements importants et brusques de températures peuvent provoquer de la condensation à l’extérieur et même à l’intérieur de l’appareil ou de l’objectif. Pour éviter ce phénomène qui pourrait endommager votre matériel, prenez les précautions suivantes :

  • Quelque temps avant de sortir au froid, vous pouvez sortir votre sac avec l’appareil rangé dedans. Cela permettra à l’APN de se refroidir doucement et éviter le choc thermique lorsque vous le sortirez du sac. Si vous transportez votre sac en voiture, préférez le coffre qui sera normalement moins chaud que l’habitacle. Autrement dit, si l’écart de température entre l’intérieur et l’extérieur est important, je vous déconseille de sortir directement l’appareil à la main. Il est vrai que dans ce sens (chaud vers froid), sauf avec de très gros écarts de températures, le risque de condensation est assez faible mais en revanche s’il se produit, il peut être vraiment dommageable pour votre matériel photo : si vous avez de l’air chaud et humide emprisonné dans votre appareil photo, le choc thermique pourrait provoquer une condensation à l’intérieur de l’appareil et/ou de l’objectif… il est donc à mon avis préférable de prendre les précautions évoquées au début de ce paragraphe…
  • La condensation en passant du froid vers le chaud est plus fréquente : l’air chaud et humide de l’intérieur va se condenser sur votre matériel froid. C’est le même phénomène que les porteurs de lunettes connaissent bien : les verres des lunettes s’embuent instantanément lorsqu’ils rentrent dans un lieu chauffé après une balade dans le froid. Pour rappel, avant de rentrer, prenez d’abord le temps d’enlever la neige et d’essuyer les éventuelles gouttes d’eau de votre appareil photo (avec un chiffon doux). Ensuite, pour éviter que la condensation ne se fasse sur votre matériel photo, avant de rentrer à l’intérieur au chaud, enfermez votre appareil dans un sac hermétique (style sac de congélation) ou plus simplement remettez-le dans votre sac photo. Une fois à l’intérieur, laissez-le au minimum 30 minutes (temps à adapter selon l’écart de température) avant de le sortir du sac. Plus l’écart de température entre l’extérieur et l’intérieur sera élevé et plus il faudra attendre longtemps (parfois plusieurs heures) afin que le matériel se réchauffe doucement jusqu’à atteindre la température ambiante et pouvoir le sortir du sac sans risque de condensation.
  • Pour les plus pressés, avant de rentrer au chaud, vous pouvez toujours sortir les cartes mémoires de l’appareil. Je n’ai personnellement jamais vu ni entendu quelqu’un qui a eu un souci de carte mémoire lié au froid ou même à un changement brutal de température. Toutefois si l’écart de température est vraiment très important et que vous ne voulez prendre aucun risque : avant de rentrer, vous pouvez mettre votre carte mémoire dans un petit sac hermétique. La montée en température sera plus rapide que pour votre appareil photo et vous pourrez sortir votre carte sans trop attendre pour sauvegarder et visionner vos photos.

Pour limiter, voire éviter, la formation éventuelle d’humidité dans votre sac hermétique, vous pouvez rajouter des petits sachets de silica-gel. Ces sachets remplis de petites billes de gel de silice absorbent l’humidité.

Vous pouvez en trouver dans le commerce (cf. lien ci-contre) mais aussi dans les boites à chaussures et dans les autres emballages de produits craignant l’humidité comme le matériel électronique. De manière générale, c’est d’ailleurs une bonne idée d’ajouter quelques sachets de silica-gel là où vous avez l’habitude de stocker votre matériel et en particulier dans votre sac photo (faites attention tout de même à la solidité du sachet : il serait dommage qu’il se déchire et que les billes se répandent partout dans le sac).

C’est aussi pour éviter ce risque de condensation lié à un choc thermique que je vous déconseille de protéger votre appareil photo sous votre blouson lorsque vous êtes à l’extérieur par temps froid : l’air près de votre corps sera chaud et humide et si l’appareil a le temps de monter en température, lorsque vous le sortirez de sous votre manteau, le contact direct avec l’air froid risque de provoquer un choc thermique et la création de condensation.

Que faire si votre appareil a pris l’humidité à cause de la condensation ?

Si la condensation s’est produite à l’extérieur, il vous suffit d’essuyer l’appareil avec un chiffon doux pour éviter que l’eau coule à l’intérieur.

Par contre, si vous avez de la condensation qui est rentrée à l’intérieur, voici ce que je vous conseille de faire :

  1. Éteignez tout de suite votre appareil. Si vous continuez à l’utiliser dans ces conditions il y a un risque élevé pour que vous endommagiez gravement et durablement votre APN.
  2. Après avoir éteint votre appareil, ôtez la batterie, la ou les cartes mémoire et laissez ouvertes toutes les trappes possibles (carte mémoire, batterie et connectiques).
  3. Si votre appareil a un objectif interchangeable, retirez-le également sans remettre les bouchons d’objectif ni celui de l’appareil.
  4. Si nécessaire, essuyez avec un chiffon doux les parties accessibles qui ne sont pas fragiles (évitez de toucher l’intérieur du boitier ou de l’objectif).
  5. Enfermez votre matériel dans un sac étanche avec du riz (non cuit évidemment 😉 ) et/ou des sachets de silica-gel. Attention tout de même à ne pas faire rentrer des grains de riz dans votre boitier ou votre objectif !
  6. Patientez plusieurs heures : le mieux est de laisser votre appareil sécher au moins toute une nuit. Et surtout, n’allumez pas votre appareil tant que vous voyez encore des traces d’humidité (par exemple au niveau du viseur, de l’écran ou à l’intérieur de l’objectif). Ce sera seulement lorsque toutes les pièces paraîtront parfaitement sèches que vous pourrez remettre votre appareil en état de marche et le rallumer pour voir s’il fonctionne toujours. Si vous avez été patient et que vous avez suivi toutes les étapes scrupuleusement, il y a des chances que tout rentre dans l’ordre.
C’est aussi la marche à suivre si votre appareil est tombé accidentellement à l’eau. Par contre, dans ce dernier cas, le risque que l’appareil ne fonctionne plus, même après avoir appliqué ces conseils, est bien plus élevé !!!

Les batteries et le froid

Les batteries n’aiment pas le froid !

La baisse d’autonomie liée au froid

Photo en hiver : l'effet du froid sur l'autonomie des batteriesPlus la température sera basse et plus l’autonomie de vos batteries sera réduite. En effet, le courant électrique fourni par une batterie provient d’une réaction chimique qui devient moins efficace et, à l’extrême, peut s’arrêter si la température devient très basse. Plus il fait froid et moins la batterie pourra fournir de l’énergie. Sa résistance interne augmente (le déplacement de charges d’ions ou d’électrons est ralenti) et la tension diminue avec le froid. A tel point que si la tension baisse de trop, alors l’appareil peut penser que la batterie est déchargée et va donc arrêter de l’alimenter (votre appareil va s’éteindre tout seul).
Pourtant avec les batteries utilisées dans les appareils photo actuels (généralement des batteries lithium-ion), si la batterie est simplement réchauffée (retour à une température normale), même sans la recharger, elle fonctionnera à nouveau et retrouvera ses performances habituelles.

En 2012, une étude finlandaise sur des smartphones (qui utilisent les mêmes types de batteries que les appareils photo) avait montré que les mobiles n’avaient pas tous la même sensibilité au froid : la plupart des appareils présentaient des dysfonctionnements entre -10 et -20 °C (pour certains dès -5 °C) et cessaient de fonctionner entre -15 et -35 °C (à -10 pour les plus sensible et à -40 pour les plus résistants).

Il est assez difficile d’avancer des chiffres car la baisse de l’autonomie liée au froid dépend à la fois de la batterie elle-même et de la température.

Par exemple, selon Canon, pour un reflex 5D Mark III, le nombre de déclenchements par le viseur passe de 950 lorsque la température est de 23 °C à 850 si la température est de 0 °C, soit une baisse de l’ordre de 10%. Avec la batterie du 5D mark IV, on passe de 900 à 850 photos soit une baisse de proche de 5% seulement. Autrement dit, à une température proche de 0, avec un reflex, la baisse d’autonomie sera bien moins élevée que si vous faites toutes vos photos en passant par l’écran arrière (le live view) plutôt qu’en utilisant le viseur. Par exemple, avec le 5D mark IV, à 23 °C, on passe de 900 déclenchements (prise de vue par l’œilleton de visée) à seulement 300 (visée par l’écran arrière) soit 3 fois moins, une baisse d’autonomie d’environ 67% … et sur le 5D mark III, en utilisant ce mode de prise de vue, l’autonomie passe même de 950 à 200, soit une baisse de presque 80% ! L’impact du froid sur l’autonomie de la batterie est réel mais ne doit donc pas non plus être surévalué… selon les conditions, vous perdrez certainement plus en autonomie en utilisant le live view de votre reflex 1 ou la stabilisation optique de votre objectif qu’en affrontant un froid modéré (autour des 0 °C).

Je n’ai pas trouvé de chiffres « officiels » pour des températures en dessous de zéro. En revanche, sur un forum, un photographe a partagé son expérience : avec son Nikon D3 il passait d’environ 2500 photos à température ambiante à 2000 aux alentours de 0 °C et à environ 1000 entre -15 et -20 °C soit une perte d’autonomie allant de 20% à 60%. Sur un Nikon D200, il passait même de 400 à 80 photos à une température de -17 °C soit une baisse de 80%. Ce retour d’expérience semble montrer que la baisse d’autonomie d’une batterie n’est pas linéaire mais augmente fortement lorsque l’on atteint des températures négatives. Si la perte d’autonomie est assez limitée aux alentours de 0 °C (de l’ordre de 5 à 20% environ), elle devient a priori bien plus élevée à des températures plus extrêmes, autour des -15 °C (de l’ordre de 60 à 80 % dans l’exemple cité ci-dessus).

(1) pour rappel, sur un hybride, vous n’aurez pas cette grande différence d’autonomie entre la visée par l’œilleton et la visée par l’écran-arrière car la visée électronique nécessitera déjà plus d’énergie que la visée optique d’un reflex. Avec un reflex, la visée optique consomme très peu d’énergie contrairement à une visée électronique.

Autres conséquences liées au froid

Sachez également qu’avec le froid, la jauge indiquant le niveau de charge de la batterie peut devenir imprécise. Parfois, certains réglages comme la date et l’heure peuvent se réinitialiser si l’appareil est soumis à de basses températures pendant plusieurs heures…
D’autre part, comme le froid à une incidence sur les performances de la batterie, le nombre maximum de photos prises en mode rafale peut également diminuer.

Par exemple, sur le Canon 5D Mark IV, si la température est basse ou si le niveau de charge de la batterie est faible, la vitesse maximum de la prise de vue en continu peut diminuer à environ 6 photos par seconde (au lieu de 7) avec la batterie LP-E6N ou, à environ 5 photos par seconde, avec la batterie LP-E6. Il est précisé aussi dans le mode d’emploi que les réglages de date/heure/zone risque d’être réinitialisés lorsque l’appareil photo est exposé à des températures en dessous de zéro pendant une période prolongée.

Comment limiter les conséquences du froid sur la batterie ?

Pour limiter les conséquences de cette baisse de performances et d’autonomie des batteries provoquée par le froid, vous pouvez :

  • Prévoir plusieurs batteries de rechange.
  • Stocker vos batteries de rechange au chaud : l’idéal est d’avoir vos batteries près de votre corps, dans les poches de votre blouson ou de votre pantalon afin que votre chaleur corporelle les maintienne à une température propice à leur bon fonctionnement.
  • Lors d’une sortie dans le froid, j’aurais personnellement tendance à conseiller de laisser l’appareil allumé pour garder la batterie au chaud : l’activité électrique permettra de maintenir une température interne plus élevée qu’avec un appareil éteint et donc de préserver l’efficacité de la batterie et le bon fonctionnement de l’appareil. D’autres photographes, au contraire, préfèrent limiter l’utilisation de l’appareil (éteindre ou mettre en veille, éviter d’utiliser l’écran arrière…) pour économiser la batterie. Je pense que cette stratégie peut fonctionner par des froids peu intenses (autour de 0 °C) mais ne sera peut-être pas la plus adaptée si vous affrontez des températures négatives. Dans ce dernier cas, la priorité sera plutôt de maintenir une chaleur interne minimale de l’appareil photo pour assurer son bon fonctionnement (comme nous l’avons vu dans la première partie, la fourchette basse de température est généralement de 0 ° C).

Utilisation du trépied dans des conditions hivernales

Photo en hiver : conseil d'utilisation d'un trépied (froid, neige, givre)Si votre trépied est soumis à un froid intense et en particulier si le givre s’en mêle, il est possible que les articulations de votre trépied se grippent : le givre risque de coller entre elle les parties normalement amovibles, la graisse facilitant les mouvements risque de se figer et certains matériaux comme la fibre de carbone peuvent aussi devenir plus cassant et fragile… pour toutes ses raisons, ne forcez surtout pas si vous sentez que cela coince car vous risqueriez d’abimer voire de casser votre trépied. Il est préférable de ramener votre trépied sans le replier immédiatement ou même de renoncer à l’utiliser plutôt que de l’endommager définitivement. Une fois rentré au chaud et avoir attendu que le matériel se réchauffe, vous pourrez à nouveau manipuler votre trépied sans risque.

Si vous devez installer votre trépied dans la neige, je vous conseille de préparer le terrain avant en tassant la neige avec vos pieds pour faire une sorte de plateforme pour accueillir les pieds sur un sol assez plat et ferme. En effet, en enfonçant les jambes de votre trépied dans le neige fraîche, sa stabilité sera mal assurée et, en plus, vous risquez de les soumettre sans le vouloir à des torsions importantes. Vous pourriez donc tordre les jambes du trépied, voire au pire les casser.

Autre point qui a son importance : avec le froid, les parties en métal ou alliage de votre trépied seront glaciales et le contact avec vos mains sera particulièrement déplaisant. Ce sera particulièrement vrai avec les trépieds aluminium (c’est un peu plus supportable avec un trépied en carbone). Pour éviter cet inconvénient, il existe des trépieds dont une ou plusieurs des sections hautes sont équipées de manchons pour isoler du froid. Ils seront beaucoup plus agréables à manipuler que les trépieds qui en sont dépourvus (c’est, à mon avis, un des nombreux critères qu’il est bon de prendre en compte lors de l’achat d’un trépied).

Photo en hiver : se protéger du froid en créant un manchon pour son trépied photoSi votre trépied n’est pas pourvu de manchons d’isolation, prévoyez donc des gants pour le manipuler ou mieux encore fabriquez-en à partir de manchons d’isolation caoutchouc pour les tuyaux d’eau chaude (rayon plomberie). Choisissez-les de préférence déjà fendus et autocollants pour faciliter l’installation. Attention aussi à choisir un diamètre le plus proche de celui de la section haute de votre trépied et à ne pas prendre un manchon trop épais pour ne pas gêner le repliement du trépied.

Par exemple, j’ai un trépied dont la section haute, la plus large, fait 29 mm et il existe des manchons d’isolation pour tuyau de 27 et 28 mm d’une épaisseur de 9 mm. Si le diamètre du trépied est trop large par rapport à votre manchon, vous pourriez découper (dans une partie non utilisé du manchon) une bande pour boucher l’espace restant. Si l’assemblage parait un peu fragile, vous pourriez consolider le tout avec du gaffer (ruban adhésif résistant très utilisé par les techniciens travaillant dans la vidéo et la photo).

Et vous ?En tant que photographe, avez-vous déjà affronté les rigueurs du froid ? Quelles ont-été les principales difficultés que vous avez rencontrées ? Comment les avez-vous surmontées ?

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À propos de : Hervé (LuzPhotos)

Hervé Drouet, photographe professionnel au pays basque, spécialiste formation photo et rédacteur du blog LuzPhotos.

8 commentaires

  1. Comme d’habitude tout est parfait Hervé ! Vraiment dommage que nous soyons si loin l’un de l’autre… JP

  2. QUINOT Jean Paul

    Bonjour, merci comme d’habitude l’article est parfait et plaisant et passionnant à lire. comme le premier c’est une merveille.
    Merci, bonne journée, bonnes photos.
    Jean Paul

  3. Pour l’utilisation d’un trépied sur la neige fraiche (ou tout terrain peu stable) une solution consiste à percer (avec un tournevis) des bouchons de pot à confiture (ou autre conserve en verre !!!) et de fixer ce capot entre la jambe du trépied et la pointe vissable cela augmente la portance et permet de gagner en stabilité…. j’ai toujours trois capots percés au fond de mon étui de trepied c’est bien pratique.
    super article merci
    Didier

  4. Merci Hervé pour toutes ces recommandations.Je te souhaite également une bonne et heureuse année 2019.Jacques

  5. Magnifique reportage qui m’a bien aidé.

  6. Merci à tous pour vos retours forts sympathiques 🙂

  7. Bonjour Hervé merci pour tes précieux conseils et meilleures vœux

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